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La Mission de l’Esprit-Saint devant les tribunaux

TVA Nouvelles

Trois responsables de la Mission de l'Esprit-Saint sont cités à comparaître la semaine prochaine pour outrage au tribunal.

C’est que des membres de cette communauté religieuse refusent de collaborer avec le ministère de l’Éducation.

En septembre dernier, l’émission «J.E.» révélait que des enfants étaient scolarisés illégalement dans ce groupe, ce que des inspecteurs du ministère ont constaté, notamment à Anjou.

Comme la Mission de l'Esprit-Saint refuse de fournir au ministère le nom des enfants qui fréquentent l'organisation, trois responsables du groupe religieux devront faire face à la justice.

Jusqu'à 70 enfants recevraient une éducation par le biais de cette communauté dont les principes sont dénoncés par les anciens membres qui décrivent le mouvement comme sectaire.

Le 6 novembre dernier, une requête a été déposée en Cour supérieure pour forcer la Mission de l'Esprit-Saint à fournir la liste complète des noms et des informations personnelles des enfants âgés entre 6 et 16 ans.

La communauté, qui se défendait seule, est maintenant représentée par un avocat. Un membre a assuré à TVA Nouvelles que la bataille allait se faire devant les tribunaux et a refusé de commenter le dossier.

La communauté, anciennement basée à Montréal-Nord, opérait une école illégale sur Henri-Bourassa. Le groupe religieux s'est fait construire ce bâtiment dans le parc industriel d'Anjou au coût de 4 millions de dollars dans un zonage qui ne permet toutefois pas la scolarisation d’enfants.

L'équipe de «J.E.» a fourni l'adresse au ministère de l'Éducation, qui a envoyé deux vérificatrices quelques jours après la diffusion de l'émission «Au nom de la foi». L'immeuble comprend une cafétéria, un auditorium et au moins deux salles de classe.

Le gouvernement a entrepris des démarches légales pour obtenir la coopération de l’établissement scolaire qui s’expose à une amende de 60 000 $. Le dossier a été transmis au Directeur des poursuites criminelles et pénales qui pourrait déposer des accusations en vertu la Loi sur l'instruction publique. Chaque enfant au Québec doit avoir le droit de recevoir une scolarisation adéquate.

Plusieurs anciens disciples qui ont témoigné à «J.E.» ont parlé du manque d'éducation dans la communauté. La Mission, aussi basée à St-Paul et à Joliette, valorise le mariage à l'adolescence et prône les grandes familles.

L’École l'Accord, de la communauté de St-Paul, a perdu son permis en juin dernier. «J.E» avait aussi découvert une école illégale dans les locaux d’un ancien concessionnaire à Joliette: les membres ont depuis été expulsés par les inspecteurs de la Ville et enseigneraient maintenant aux enfants dans des maisons privées.

Au lendemain de la présentation de l’émission «J.E.», le premier ministre s’était dit choqué.

«Moi, je trouve ça choquant, inacceptable. Là, si, effectivement, ça se révèle que des sectes disent à nos jeunes filles qui sont là pour faire des enfants à partir de l'âge de 14 ans, là, ce n'est pas vrai qu'on va endurer ça au Québec», avait lancé le premier ministre.

Questionné à savoir s’il allait aller de l'avant avec un éventuel projet de loi sur les dérives sectaires, il avait alors promis d’agir.

«On va prendre les actions qui sont nécessaires pour corriger ça. Mais, moi, comme premier ministre du Québec, jamais je n'accepterai qu'il y ait des sectes qui enseignent à nos jeunes filles qui sont juste là pour faire des enfants, à partir de l'âge de 14 ans, là. JAMAIS!», avait-il martelé.

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