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Fuite de données chez Desjardins: Jolin-Barrette ignorait l’apparence de conflit d’intérêts d’un invité en commission

Vincent Larin | Agence QMI

Le leader parlementaire du gouvernement, Simon Jolin-Barrette, ignorait que le seul expert mandaté pour donner un avis impartial sur les fuites de données chez Desjardins avait reçu du financement de la coopérative pour ses recherches

«Relativement au mécanisme de financement de sa chaire, non je l’ignorais », a-t-il déclaré en mêlée de presse jeudi à l’Assemblée nationale.

José Fernandez, titulaire de la chaire de recherche industrielle en cybersécurité et intelligence artificielle (IA) à Polytechnique Montréal, a reçu en février dernier 1,25 million $ de la part de Desjardins pour sa chaire de recherche, a révélé notre Bureau d’enquête jeudi.

Il fait partie des six participants qui seront entendus jeudi en commission parlementaire à l’Assemblée nationale pour commenter la fuite de données massives de 4,4 millions de clients de Desjardins.

La motion initiale suggérait d’inviter un autre professeur, Benoit Dupont, mais ce dernier ne pouvait être présent et a été remplacé par M. Fernandez, a rappelé Simon Jolin-Barrette. Il a aussi souligné que les partis d’opposition avaient consenti à recevoir José Fernandez.

Malgré cela, le député de Québec solidaire, Vincent Marissal dit douter de l’indépendance de l’expert.

«Il y a ici apparence de conflit d’intérêts [...]. On va l’écouter, mais on part avec un doute. Comme le dit le dicton : on ne mord pas la main qui nous nourrit», a déclaré le député solidaire en point de presse à l’Assemblée nationale jeudi.

«Je ne pouvais pas croire qu’on ne pouvait pas trouver quelqu’un d’autre. Sur la liste qu’on avait proposée, il y en avait un sacré paquet d’experts», a affirmé Vincent Marissal en brandissant une liste de noms.

Malgré ces nombreuses propositions, son parti a reçu une « fin de non-recevoir » de la part du gouvernement de la Coalition avenir Québec, a-t-il ajouté.

Le député péquiste Sylvain Gaudreault a estimé que la présence de José Ferrandez en commission parlementaire soulevait «des questions sérieuses».

«C’est pour ça qu’on aurait aimé avoir d’autres experts pour être capable de contrebalancer et de poser plusieurs questions», a-t-il expliqué.

Le Parti libéral a quant à lui dénoncé « l’empressement » du gouvernement Legault à tenir la commission parlementaire sur la fuite de données chez Desjardins. « Le leader parlementaire a fait, encore une fois, quelque chose à la va-vite, en précipitation et il nous a proposé quelqu'un qui n'a pas été vérifié, et le professeur en question, lui-même, aurait dû dénoncer son conflit d'intérêts », a expliqué la députée Marwah Rizqy.

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