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Poupée enfant érotique: débat sur la requête en exclusion de preuve

Kathleen Frenette | Journal de Québec

PHOTO STEVENS LEBLANC

Au quatrième jour du procès de l’ancien avocat de Québec accusé de possession et d’importation de pornographie juvénile en lien avec l’achat d’une poupée sexuelle à l’allure enfantine, les avocats ont débattu sur la requête en exclusion de preuve présentée par la défense.

À l’issue de cette étape, les avocats d’Antoine Gagnon, Me Gervais Labrecque et Me Kami Pelletier espèrent que la preuve technique présentée mardi par l’enquêteur du service de police de la ville de Québec, Olivier Simard, soit rejetée par le juge Jean Asselin.

Une preuve qui, selon les prétentions de la procureure aux poursuites criminelles et pénales, Me Valérie Lahaie, est importante pour «démontrer la connaissance de la nature» de la poupée qui a été importée en avril 2017 par l’accusé.

Recherches ciblées

«Le type de recherche a été répété et ciblé et surtout, il est toujours en lien avec l’achat de la poupée. Le nombre de sites visités et le type de mot-clé utilisé par l’accusé démontrent aussi que les gestes ont été posés en toute connaissance de cause», a plaidé Me Lahaie.

Elle a précisé qu’au moment de son arrestation, Gagnon occupait les fonctions d’avocat criminaliste et qu’il avait fait des recherches sur l’affaire Kenneth Harrisson, un Terre-Neuvien alors accusé de possession de pornographie juvénile à la suite de l’achat d’une poupée sexuelle de la taille d’un enfant.

«Une recherche qui est, à mon sens, un élément fort pertinent à la connaissance», a-t-elle ajouté.

Elle a également rappelé que la preuve avait démontré que les sites de ventes consultés par Gagnon offraient une gamme variée de poupées sexuelles et que son choix avait été clairement ciblé.

Petites poitrines

En défense, Me Kami Pelletier a tenu à rappeler que son client n’avait jamais utilisé des mots comme «young, teen ou child» lors de ses consultations internet en lien avec l’achat de sa poupée.

«Il est clair, pour nous, que ses recherches ne visaient ni les enfants ni les adolescents. M. Gagnon cherchait une poupée de petite taille avec une petite poitrine. Est-ce que ça implique qu’il voulait une poupée enfant? Nous croyons que non», a dit Me Pelletier.

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