/news/currentevents

Un an après le meurtre de Christine St-Onge: «Ç’a été l’enfer», confie sa soeur

Vincent Duquette et Agence QMI

La sœur de Christine St-Onge, cette Québécoise assassinée au Mexique il y a près d’un an, milite pour une meilleure protection des femmes victimes de violence conjugale jugeant que celles-ci sont abandonnées par le système de justice.       

• À lire aussi: Corps de Christine St-Onge coincé au Mexique: «Ça n’a pas de sens»  

• À lire aussi: Les funérailles de Christine St-Onge célébrées à Montréal  

• À lire aussi: Le corps de Christine St-Onge toujours au Mexique   

Lors d’une entrevue avec Benoit Dutrizac sur QUB radio, Annie St-Onge a déploré le manque de mordant dans les lois qui englobent la violence faite aux femmes et l’absence d’ouverture chez les membres du Sénat afin de modifier la législation.         

«Le système de justice a failli dans la protection de ma sœur. La manière dont le système est bâti n’est pas là pour protéger les victimes», a-t-elle soutenu.             

  • ÉCOUTEZ l'entrevue complète, ici :   

Le présumé assassin de Christine St-Onge avait des antécédents en matière de violence conjugale. Il avait notamment reçu une absolution conditionnelle pour voies de fait sur une autre femme. Elle n’a jamais été mise au courant des antécédents de l’homme qu’elle fréquentait.         

«Il faut que ce soit connu, il faut que ce soit répertorié quelque part. On ne peut pas le savoir après, il est trop tard. Si ce n’était pas arrivé à ma sœur, ce serait arrivé à quelqu’un d’autre. C’est ça qui est inacceptable», a ajouté Annie St-Onge.        

Elle précise qu'une modification au projet de loi afin de mieux protéger les victimes de violence conjugale a été soumise au Sénat, mais que celle-ci a été rejetée.        

«Ces Sénateurs-là, à chaque fois qu'il y a une femme qui est morte devrait l'avoir sur la conscience», Mme St-Onge.       

Période infernale  

Lors d’un voyage à Los Cabos, Christine St-Onge aurait été assassinée par Pierre Bergeron, qu’elle fréquentait depuis environ quatre mois. Celui-ci s’est enlevé la vie après un retour précipité le 6 décembre 2018. Le corps de Christine St-Onge a été retrouvé le 12 décembre tout près de l’hôtel.         

«On apprend son décès dans les médias mexicains en plein milieu de la nuit du 12 au 13 décembre. On fait ensuite le lien avec la Sûreté du Québec (SQ) pour voir si c’est vrai», s'est remémoré la sœur de la victime, ajoutant que personne des autorités locales n’a contacté la famille pour lui confirmer le décès.       

C’est à ce moment que la famille s’engage dans un processus difficile pour rapatrier le corps. Mais les contacts inexistants entre la SQ et Affaires mondiales Canada rendent le tout encore plus stressant pour la famille.       

«Ç’a été l’enfer. Ç’a vraiment été la période la plus infernale de ne pas avoir aucune personne qui est imputable, qui est le point de contact avec la famille. Nous, on vit un stress immense, on vit un deuil épouvantable et on doit aller chercher l’information. Parce que si on ne va pas la chercher, il n'y a personne qui nous la donne.»       

«C’est nous qui étions la courroie de transmission», s'est désolée Annie St-Onge.        

Pas d’aide de l’IVAC  

Puisque le meurtre a eu lieu au Mexique, la famille de Christine St-Onge n’est pas admissible au programme d’Indemnisation des victimes d’acte criminel. Une autre situation que déplore la sœur de la victime.         

«La loi est très claire. Tout ce qui se passe hors Québec n’est pas indemnisé. Donc, nous sommes coupés de plusieurs aides, entre autres une aide importante pour les enfants de ma sœur.»       

Le gouvernement fédéral a offert une compensation financière à la famille pour l’aider à couvrir une partie des frais pour les funérailles, ainsi que pour l’aide psychologique, «mais c’est très peu comparativement à l’IVAC», a souligné Annie St-Onge.