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Des réserves suffisantes jusqu'à vendredi prochain, dit Julien

Patrick Bellerose et Agence QMI

Le Québec dispose de gaz propane pour environ une semaine, mais le gouvernement Legault ne réclame plus de loi spéciale pour forcer le retour au travail des cheminots du CN.

L’impact de la grève des travailleurs du CN sur les livraisons de gaz propane se fait surtout sentir dans le domaine agricole, ce qui a forcé Québec a imposé un rationnement. « Tout ce qui est santé animale, production animale, est la priorité [numéro] un. La priorité numéro deux, naturellement, c’est le végétal et le grain », a souligné le ministre de Ressources naturelles, Jonatan Julien, en conférence de presse vendredi.

«Tout est sous contrôle dans le ministère de la Santé, même chose pour l’éducation», a-t-il ajouté.

Une chance aux négociations

La veille, le premier ministre François Legault affirmait que le Québec se trouvait « en état d’urgence » et invitait les partis fédéraux à envisager une loi spéciale pour mettre fin à la grève. Les réserves étaient alors estimées à environ quatre jours. « Honnêtement, on ne peut pas étirer cette grève-là longtemps », affirmait M. Legault.

Vendredi, M. Julien s’en est plutôt remis au ministre des Transports fédéral, Marc Garneau, qui priorise la négociation. « Il faut que le conflit se règle le plus rapidement possible », s’est-il contenté de dire, sans répéter l’appel à une loi spéciale.

Pas de loi spéciale

La négociation collective reste la meilleure façon de résoudre le conflit entre la direction du Canadien National (CN) et ses employés en grève, a réitéré le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau.

Comme la veille, à la sortie du tout premier conseil des ministres à Ottawa, M. Garneau a voulu donner une chance aux négociations en cours, préférant ainsi éviter pour le moment une loi forçant le retour au travail.

Lors d’un point de presse à son bureau de circonscription à Westmount, il a soutenu que «la façon plus rapide de régler ce conflit est par la négociation collective».

Marc Garneau s’est montré rassurant envers les parties directement touchées par la pénurie de propane.

«On réalise l’impact économique important au Québec et ailleurs au pays aussi, a-t-il indiqué. C’est stressant pour beaucoup de personnes. On veut une résolution le plus rapidement possible», a dit le ministre.

La médiation entre le syndicat des cheminots et le CN se poursuit à Montréal, a ajouté M. Garneau.

Une «pénurie fabriquée», dit le syndicat

Vendredi, la Conférence ferroviaire de Teamsters Canada (CFTC), le syndicat qui représente les quelque 3000 employés en grève, a laissé entendre que la pénurie de propane au pays «serait fabriquée de toutes pièces par le Canadien National».

«Le CN est loin d’opérer [au maximum de sa capacité], mais nous croyons qu’il y a assez de trains qui circulent pour permettre à l’entreprise de fournir du propane à l’Ontario et au Québec», a expliqué le président de la CFTC, Lyndon Isaak, dans un communiqué.

Le syndicat a soutenu que 1800 ingénieurs de locomotives et plus de 600 superviseurs traversent les piquets de grève quotidiennement pour opérer des trains.

«Le fait que ces trains ne transportent pas de propane relève d’une décision d’affaires du CN», a-t-il précisé.

M. Isaak se demande également «si le CN refuse de transporter du propane afin de créer une crise et forcer une loi spéciale de retour au travail».

Le syndicat des Teamsters a rappelé que les salaires ne sont pas un enjeu à la table de négociations, soutenant qu’il était surtout question de santé et sécurité des travailleurs, ainsi que du plafond à vie sur les frais médicaux dans le cadre du programme d’assurances collectives offert par l’entreprise.

«On se bat pour un milieu de travail plus sécuritaire, parce qu’on a perdu neuf de nos membres dans divers accidents ferroviaires depuis les 24 derniers mois, dont trois parmi le groupe qui est présentement en grève au CN», a ajouté Lyndon Isaak.

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