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Desjardins a manqué à ses responsabilités, selon Nadeau-Dubois

Marc-André Gagnon | Journal de Québec

PHOTO SIMON CLARK

La comparution du PDG de Desjardins en commission parlementaire a été tout sauf rassurante pour Gabriel Nadeau-Dubois. Plus inquiet que jamais pour la protection des données personnelles des Québécois, il réclame de poursuivre les consultations.

Dressant un premier bilan que l’exercice mené hier, qu’il juge «expéditif» et «superficiel», le leader parlementaire de Québec solidaire s’est dit «profondément apeuré» par ce qui en est ressorti.

«Ça m'a fait peur, ce que j'ai entendu hier, a-t-il relaté en point de presse, parce que j'ai réalisé, comme beaucoup d'autres députés, que, dans le système actuel, les citoyens sont en fait des pantins entre les mains de grandes corporations, de grandes multinationales qui s'échangent leurs données.»

Aux yeux de Gabriel Nadeau-Dubois, le président et chef de la direction de Desjardins, Guy Cormier, dont le témoignage était très attendu, s’est essentiellement livré à un exercice de relations publiques.

«J'ai trouvé que Desjardins n'a pas assumé ses responsabilités», regrette le député solidaire de Gouin.

Il n’a pas été plus tendre envers les représentants de l’Association des banquiers canadiens, qui compte Capital One parmi ses membres.

«Ces institutions-là sont plutôt [...] en mode contrôle du message, en mode “tout va bien, Mme la marquise”, qu'en mode “rassurer les gens puis donner des réponses”», a constaté M. Nadeau-Dubois.

Un «wake-up call»

Selon lui, la journée de consultation menée hier «doit être un “wake-up call” pour la classe politique québécoise».

«Et le “wake-up call”, c'est : on a un gros problème, les données des gens qu'on représente sont en danger. Leur identité est en danger, a-t-il signalé. Il faut faire le tour de la question, c'est urgent.»

Pour Québec solidaire, les actions prévues par le gouvernement Legault pour tenter de rassurer les Québécois sont insuffisantes.

«Le projet de loi sur la protection des données personnelles [de la ministre de la Justice, Sonia LeBel]. C'est une chose. Par contre, dans ce domaine-là, le risque zéro n'existe pas. Donc, il va continuer à y avoir des vols d'identité.»

M. Nadeau-Dubois juge notamment nécessaire de mieux accompagner et outiller les victimes de vol d’identité.

«Profondément insulté» par Equifax

En cette matière, Equifax n’a pas été plus à la hauteur, selon lui. «J'ai aussi été profondément, comme député, là, profondément insulté par l'attitude d'Equifax qui, d'une part n'a même pas daigné nous envoyer un représentant en personne, deuxièmement, n'a même pas daigné nous envoyer quelqu'un qui était en mesure de répondre à nos questions en français et troisièmement, n'était même pas capable de répondre à nos questions, même quand elles étaient posées en anglais», a-t-il regretté.

Bien qu’elle ait été aussi déçue par le processus de consultation mis de l’avant par l’aile parlementaire gouvernementale, la députée libérale Marwah Rizqy croit que les auditions d’hier ont été à tout le moins utiles.

Elle aurait toutefois aimé obtenir des réponses «plus promptes» du PDG de Desjadins, qu’elle a confronté avec des questions pointues.

«Je ne comprends qu'il ne veut pas porter le bonnet d'âne, mais le vol, c'est chez eux, un employé de Desjardins», a-t-elle rappelé.

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