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Anglade conserverait la loi 21, sans la clause dérogatoire

Charles Lecavalier | Journal de Québec

Un gouvernement libéral dirigé par Dominique Anglade ne déchirerait pas la loi 21 sur la laïcité, mais ne renouvellerait pas la clause dérogatoire qui la protège des contestations judiciaires.

«Il n’y aura pas de renouvellement de clause nonobstant. C’est la démocratie, il faut que nos lois passent le test des tribunaux», a dit la candidate à la chefferie du Parti libéral vendredi à Montréal lors du lancement officiel de sa campagne, dont le slogan est «bâtir demain».

La loi 21 interdit le port de signe religieux chez les policiers, les gardiens de prison, les juges ainsi que les enseignants. Déjà, la loi est contestée devant les tribunaux. Mais le gouvernement caquiste a invoqué la clause dérogatoire. Cette clause doit être renouvelée tous les cinq ans.

«La loi 21 a été adoptée. On est d’accord avec la laïcité. [...], mais je ne vois pas comment le PLQ pourrait défendre une loi qui ne passe pas le test des tribunaux», a indiqué Mme Anglade. Elle estime que tous les partis sont d’accord avec le principe de laïcité.

«Personne ne peut penser que le religieux a eu un impact sur les décisions qu’on a prises. L’avenir du Québec est ailleurs, l’avenir du Québec est dans un projet de société emballant», a-t-elle dit.

Projet vert

Mme Anglade a présenté vendredi son plan de match environnemental : un «nouveau pacte économique sur le climat». Entre les solutions «radicales» de Québec solidaire et le laisser-faire complet de la Coalition avenir Québec, il y a un entredeux libéral, dit-elle. Elle promet d’adopter une loi sur le climat pour atteindre les cibles imposées par la science.

Pour répondre à ce «défi climatique», Mme Anglade estime que tous les leviers financiers de l’État doivent être mis à profit. Elle ne s’est toutefois pas engagée à ce qu’un gouvernement Anglade mette fin aux investissements et subventions du gouvernement du Québec dans les secteurs pétroliers et gaziers, comme le demandent les jeunes libéraux. Elle en discutera avec eux durant la campagne.

Régions

Ce plan de match devra tenir compte des effets dévastateurs des changements climatiques sur côtes du Québec, mais préserver l’économie de certaines régions, comme les mines en Abitibi. Il faudra trouver de nouvelles façons de déplacer les citoyens, a-t-elle également mentionné. Elle a de nouveau invoqué le spectre de Robert Bourassa : le Parti libéral doit redevenir le parti des grands bâtisseurs, a-t-elle dit.

Le Parti libéral est maintenant confiné aux abords de la métropole. La députée montréalaise de Saint-Henri-Sainte-Anne promet de visiter toutes les régions du Québec et de reconnecter avec la base militante.