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«Enfant, j'en avais dedans!» - Marie-Ève Beauregard

Michèle Lemieux | Agence QMI

Comme bien des jeunes acteurs, Marie-Ève Beauregard a été autonome très tôt. À 19 ans à peine, elle quittait la maison familiale. Tout en poursuivant sa carrière, celle qui incarne Jasmine dans «Alerte Amber» étudie à temps plein à l’université, en télévision.

Marie-Ève, en passant des émissions jeunesse à «Alerte Amber», vous diversifiez vos rôles à la télé!

Oui, je joue dans «Marc-en-peluche», une série web, et «Clash» sera de retour cet hiver. On me parle beaucoup d’«Alerte Amber». Jasmine doit affronter plein d’événements, qu’elle tente de gérer du mieux qu’elle le peut. Elle veut aider tout le monde pour s’aider elle-même. Elle est remplie d’émotions. L’incarner a été pour moi un beau défi.

À quel âge avez-vous débuté dans le métier?

J’étais très jeune, j’avais six ans. Tout est arrivé grâce à un concours de circonstances. Notre voisine, qui faisait de la photo, avait demandé à ma mère si j’accepterais de faire un «shooting» avec elle. Je l’ai fait et j’ai eu beaucoup de plaisir! J’ai toujours aimé faire ce genre de choses. Enfant, j’aimais donner des spectacles. J’ai demandé à ma mère d’en faire plus, et elle m’a inscrite dans une agence. Ça n’a jamais cessé depuis. En fait, depuis que j’ai six ans, j’ai tourné dans un projet par année. J’ai toujours été présente à l’écran, mais pas trop. C’est plutôt exigeant pour un enfant, mais moi, je voulais jouer, aller sur un plateau.

Aviez-vous des prédispositions?

Oui. Et il y en a eu, des spectacles, dans le salon, chez nous! (rires) J’étais une enfant très bavarde et je crois avoir toujours été un peu dramatique... Ma famille était très fan!

Quel a été votre premier projet professionnel?

J’ai tourné dans le court-métrage «Les adieux». J’ai aussi participé aux films «Aurore» et «Monsieur Lazhar». Jusqu’à l’âge de 12 ans, j’ai surtout tourné pour le cinéma. «Monsieur Lazhar» a été une expérience tellement enrichissante! Puis, j’ai commencé à tourner dans des séries, ce qui a impliqué un changement de mode de vie. Il a fallu que je jongle un peu plus avec mes horaires à l’école, car le rythme était différent. J’ai grandi avec «Tactik», dans laquelle j’ai joué durant tout mon secondaire. Ç’a été une belle évolution dans mon parcours. Il y a eu aussi les séries de Fabienne (Larouche), qui ont été des projets intéressants. Mes personnages sortaient de l’ordinaire! C’était rempli d’émotions.

Vos parents vous ont-ils incitée à faire autre chose?

Jamais! Par contre, ma mère, qui adore l’école, m’a toujours encouragée à poursuivre mes études en parallèle. Mes parents ont été très présents; ils manquaient des journées de travail pour m’amener sur les plateaux ou pour des auditions. J’ai été très chanceuse. Maintenant, je me déplace par moi-même et j’organise mes horaires. Comme j’avais un projet par année, je n’ai pas eu de longues périodes sans rôle. Puisque je n’ai jamais décroché de rôle principal - dans une quotidienne, par exemple -, j’ai toujours été en mesure de poursuivre mes études. Souvent les tournages avaient lieu l’été, puis je retournais à l’école quand les classes recommençaient. J’ai été chanceuse, car j’ai pu avoir un parcours scolaire normal. Pour moi aussi, l’école a toujours été importante.

Ce choix de carrière s’est-il imposé rapidement, pour vous?

Pas nécessairement. En grandissant, je me suis questionnée sur la suite des choses. Je me suis demandé si je voulais faire ce métier parce que c’était celui que j’avais toujours fait ou si je devais choisir de faire autre chose... Actuellement, j’étudie à l’UQAM en télévision. C’est à suivre.

Vos parents sont-ils dans ce milieu?

Non. C’est vraiment parti d’une petite fille énergique qui avait envie de jouer. Comme le dit si bien l’expression: j’en avais dedans! Puis, j’ai rencontré les bonnes personnes au bon moment.

Qu’aimeriez-vous qu’on vous propose?

Il y a longtemps que j’ai fait du cinéma. J’aimerais avoir encore l’occasion de creuser un personnage. J’aime tout ce qui ne me ressemble pas: les méchantes, par exemple. Je fais souvent des filles de bonne famille, mais je sais que je suis capable d’offrir autre chose.

Comme ils commencent à travailler très tôt et avec des adultes, les jeunes acteurs échappent souvent à la crise d’adolescence. Est-ce que ç’a été votre cas?

Il faudrait demander à ma mère si j’ai été difficile... (rires) Mais effectivement, je ne pense pas avoir eu de grande crise d’adolescence. J’ai toujours été une bonne élève à l’école et j’ai toujours eu de bonnes notes. Je faisais de l’impro... et je rentrais tôt chez moi. Je pense que le fait de travailler très jeune apporte une certaine rigueur et une éthique de travail. Le jour de mes 16 ans, ma mère m’a envoyée porter des CV en me disant que j’allais savoir ce que c’était, d’avoir une vraie job! (rires) J’ai donc eu des emplois en parallèle: j’ai travaillé dans des restaurants, dans des boutiques de vêtements, dans une boulangerie. Ça m’a appris autre chose. À 19 ans, je quittais la maison.

Diriez-vous que ce métier a contribué à vous donner une grande maturité?

Je ne sais pas si je suis mature. (rires) En même temps, je crois que oui, parce que lorsqu’on est un jeune acteur, on n’a pas le choix. C’est vrai qu’on grandit un peu plus rapidement, mais ce n’est pas négatif. Ce n’est pas comme si on devait sacrifier une partie de son enfance. On grandit peut-être un peu plus vite, mais le jeu reste du jeu. C’est une expérience tripante! On fait ce qu’on aime, et jouer apporte tant de joie!