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Le ministère modifie un examen de math jugé trop difficile

Daphnéée Dion-Viens | Le Journal de Montréal

À la suite de nombreuses critiques, le ministère de l’Éducation a accepté de faire des ajustements à l’examen de mathématique de sixième année, jugé beaucoup trop long et difficile l’an dernier.

L’examen se déroulera sur quatre jours plutôt que cinq, puisque l’épreuve qui sera administrée en 2020 passera de huit à six parties.

Ainsi, le nombre de situations d’application à résoudre sera de quatre plutôt que de six, peut-on lire dans une lettre du ministère de l’Éducation, envoyée au réseau scolaire cette semaine, dont Le Journal a obtenu copie.

«Davantage de temps sera accordé à tous les élèves pour la réalisation de chacune des tâches et des précisions seront apportées aux outils de correction», ajoute-t-on.

Québec compte par ailleurs procéder à d’autres travaux afin «d’apporter des ajustements plus importants en vue de l’année 2021».

Des consultations et «mises à l’essai» se dérouleront au cours des prochains mois afin de contribuer à une «prise de décision éclairée» concernant «l’évolution de cette épreuve», précise-t-on.

Un pas dans la bonne direction

À la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), on se réjouit de ce «pas dans la bonne direction».

Sa présidente, Josée Scalabrini, rappelle que le niveau de difficulté et la durée de l’épreuve avaient suscité une levée de boucliers dans les rangs des professeurs de sixième année l’an dernier. Plusieurs enseignants avaient réclamé des changements et la FSE a fait des interventions auprès du Ministère à ce sujet.

«Ça avait éclaté en juin, les enseignants nous disaient qu’ils ne voulaient plus revivre ça», lance-t-elle.

La FSE considère toutefois que cette épreuve «doit être revue dans son ensemble» et aura à l’œil le déroulement des travaux à venir. «Ça règle une partie du dossier seulement», précise Mme Scalabrini.

De son côté, la professeure à l’Université du Québec à Rimouski Mélanie Tremblay, qui s’intéresse à l’évaluation en mathématique, se réjouit aussi de ce «très bon premier pas» et de la volonté du Ministère de poursuivre le travail à ce chapitre.

Examen moins condensé

Québec doit aller plus loin en permettant notamment aux élèves de faire cet examen pendant quatre jours répartis sur une période de deux semaines, plutôt qu’en une seule et même semaine, comme c’est le cas présentement, affirme Mme Tremblay.

«Ça demeure lourd pour certains élèves», lance-t-elle.

En plus des situations d’application, l’examen comprend aussi un questionnaire et une situation problème. Le résultat compte pour 20 % de la note finale de fin d’année.

Épreuve ministérielle de mathématique de 6e année

Problèmes soulevés par des enseignants en juin 2019

Plus grand nombre d’étapes à franchir pour compléter l’examen que dans l’épreuve de 4e secondaire

Manque de temps pour compléter toutes les étapes

Grille de correction trop sévère (une seule erreur de calcul fait passer un élève de A à B)