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On s’arrache les sapins québécois

Marie-Ève Dumont | Journal de Montréal

Les sapins québécois sont tellement recherchés aux États-Unis et aussi loin qu’à Dubaï ou aux Caraïbes, que des producteurs d’ici doivent refuser des clients.

«Il y a vraiment un gros marché pour les sapins de Noël à Dubaï. On les envoie dans des gros conteneurs réfrigérés en bateau. J’ai même dû refuser des commandes cette année venant de là-bas parce que je ne pouvais pas fournir», raconte le propriétaire des Plantations Robert, Daniel Robert, qui vend des sapins depuis 39 ans à Lac-Drolet, en Estrie.

Les Américains sont aussi particulièrement friands de nos conifères pour orner leur maison le soir de Noël.

«Il n’y a pas assez de producteurs aux États-Unis pour fournir à la demande interne», explique Daniel Vanasse de la Ferme D. Vanasse, située à Ayer’s Cliff, aussi en Estrie.

Une tendance qui s’accélère d’année en année, selon les producteurs consultés.

1000 $ aux États-Unis

Le prix de vente chez nos voisins du Sud est plus intéressant pour les producteurs d’ici. Le même sapin peut être vendu 30 % plus cher de l’autre côté de la frontière en raison du taux de change, souligne M. Robert.

«J’ai un revendeur à Manhattan [New York] qui vend de mes sapins à 1000 $ chacun alors que le même ici serait 150 $. Les Américains sont prêts à payer plus cher pour leur arbre», s’étonne-t-il.

Cette demande restera encore très forte de l’autre côté de la frontière pour encore sept à huit ans, environ le temps qu’il faut pour qu’un sapin arrive à maturité, croit le producteur. Une situation qui ne devrait cependant pas nous empêcher d’avoir accès à des arbres locaux.

Par ailleurs, les Québécois qui s’apprêtent à acheter leur sapin de Noël cette année devront sans doute débourser plus pour l’obtenir.

L’hiver difficile l’an dernier a amené une augmentation des prix d’autour de 10 %, selon les producteurs consultés par Le Journal.

«La neige et les grands froids ont été très très tôt l’année dernière. C’est beaucoup plus dur pour la récolte des arbres», explique Charles Vaillancourt, qui est la troisième génération à faire pousser des conifères pour l’entreprise familiale Les Produits Valfei, à Coaticook, également en Estrie.

Un choix écolo

Le scénario a été meilleur cette année, souligne-t-il. Plusieurs d’entre eux ont commencé plus tôt et se sont mieux organisés pour faire face à la température hivernale hâtive.

Bonne nouvelle pour les années à venir, M. Vaillancourt remarque que la clientèle change et rajeunit notamment en raison du mouvement écolo qui se transporte aussi dans les sapins de Noël.

«On prône l’arbre naturel et malgré les doutes, cela reste le choix le plus écologique pour l’environnement. On sent que la culture que nos parents avaient d’aller couper eux-mêmes leur arbre revient dans la jeune génération avec la sensibilisation qu’ils ont à préserver l’environnement», sourit-il.