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Bond en faveur d'une réforme du mode de scrutin, selon un sondage

Agence QMI

JOEL LEMAY/AGENCE QMI

L’appui des Canadiens à un changement de scrutin a bondi après les élections fédérales du 21 octobre, selon un sondage Angus Reid pour le compte de Global News.

Selon les résultats, 68 % des sondés soutiennent une réforme du scrutin électoral, alors qu’ils n’étaient que 53 % en janvier 2016, quatre mois après l’élection de 2015.

Shachi Kurl, directrice générale de l’institut de sondage Angus Reid, a indiqué à Global News que l’augmentation des soutiens est le fait d’un plus grand nombre d’électeurs conservateurs souhaite maintenant se passer du scrutin uninominal à un tour. En 2015, ils étaient 28 %; ils sont 69 % aujourd’hui.

«Il y aurait un certain nombre de personnes dans ce pays qui ont voté conservateur et qui pourraient avoir l'impression qu’on leur a volé la victoire», a-t-elle expliqué.

En effet, au soir du 21 octobre, le Parti conservateur du Canada (PCC) a remporté le vote populaire, avec 34,4%, contre 33,1% pour le Parti libéral du Canada (PLC).

Or, en chambre, le PLC a remporté 157 sièges, soit 46% du total, tandis que le PCC a fini deuxième, avec 121 députés sur 338 (35,7%).

Selon la directrice, la question de la réforme du mode de scrutin revient dans l’actualité après chaque élection, lorsque le public se rend compte des distorsions du système, entre vote populaire et nombre de sièges à la Chambre des communes, qui définit, ultimement, qui dirigera le pays.

«C’est un peu comme un boomerang («zombie issue»), ça revient sans cesse», a déclaré Shachi Kurl, tout en soulignant que les gens ont sans doute répondu sous le coup de la frustration plutôt que d’avoir changé d’avis sur le mode de scrutin.

Contrairement à cette année, en 2015, la question du mode de scrutin a été abordée par le vainqueur Justin Trudeau, qui en avait fait une promesse phare de son programme.

Le premier ministre avait finalement reculé en février 2017, se justifiant d’un manque de consensus auprès des Canadiens.

Le sondage a été effectué entre le 29 octobre et le 4 novembre, auprès d’un échantillon randomisé représentatif de 1 965 Canadiens. La marge d'erreur est de plus ou moins 2,5 %, 19 fois sur 20.