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Vous pouvez être enterré aux côtés de Pitou ou Minou

Geneviève Quessy - Le Journal de Montréal

GENEVIÈVE QUESSY

Les maîtres qui voudraient passer l’éternité aux côtés de leur animal de compagnie chéri peuvent maintenant le faire dans un cimetière de Laval.

Au Cimetière Laval, une section est ainsi réservée à ceux qui souhaitent que leur fidèle compagnon soit enterré sur le même terrain qu’eux, dans une urne ou dans un cercueil.

Le cimetière est administré par l’entreprise familiale Magnus Poirier, et toutes les confessions religieuses s’y côtoient.

Il y a cinq ans, une section a été aménagée pour les animaux seulement. Simba le chien malamute et Marfa le chat, par exemple, y ont une pierre tombale à leur nom.

Et pour répondre à la demande, depuis quelques mois, les propriétaires et leurs animaux peuvent être enterrés côte à côte dans la nouvelle section maîtres et compagnons. Ce serait une première au Canada, selon l’entreprise.

Les frères Simon et Benoit Poirier ont conscience d’offrir un service original à leurs clients. Pourtant ils ont répondu à une demande bien présente dans la population.

« Quatre-vingts pour cent de notre clientèle est multiethnique. Ça peut paraître étonnant, mais ailleurs dans le monde, comme en Asie, c’est très commun de faire enterrer ses animaux dans le lot de la famille. Les nouveaux arrivants cherchent la même chose ici », soutient Benoit Poirier.

Des clients d’origines asiatique, pakistanaise, italienne ou de religion juive, de même que des Québécois « pure laine » ont en commun de vouloir offrir à leurs bêtes une digne sépulture.

Pas au dépotoir

L’abbé Gilles Guimond, de Laval, a réservé un terrain pour ses deux caniches. Fanny y a été enterrée et un jour ce sera le tour de Sissy.

« Je ne voulais pas qu’elles se retrouvent au dépotoir. C’est une dernière preuve d’affection que je leur donne », dit-il.

Linda Campanelli, de Montréal, a réuni une cinquantaine de personnes de sa famille en avril pour l’enterrement de son yorkshire Sunny Boy. Le pasteur qui a officié la cérémonie a prononcé quelques phrases tirées de la Bible sur la place des animaux dans nos vies.

« Je sais que ça peut paraître exagéré, mais Sunny Boy est resté avec nous 16 ans, et c’était un peu comme mon enfant. Il m’a appris beaucoup de choses importantes de la vie, et mon amour pour lui continue au-delà de la mort », raconte Mme Campanelli.

Le service offert par le Cimetière Laval l’a aidée à traverser son deuil, selon elle.

« Ça m’a beaucoup touchée. Ils ont été le chercher à l’hôpital après son décès. Ils l’ont traité aussi bien qu’un humain. »

Le standard funéraire s’applique aussi aux animaux.

« On fait leur toilette et on les place dans le cercueil, décrit Simon Poirier. Les trois quarts des gens souhaitent voir leur animal exposé. C’est une étape importante du deuil. »

Si les maîtres souhaitent faire incinérer leur bête, le Cimetière Laval s’occupe de tout et confie les dépouilles au crématorium Cremanimo, spécialisé en animaux, et situé à Bois-des-Filion, dans les Laurentides.

De Toronto

Certains clients viennent de loin, affirme Benoit Poirier. Comme une cliente de Toronto.

« On a fait l’aller-retour en limousine pour ramener la dépouille de son chat. Pour se rapprocher de son animal et pouvoir se recueillir sur sa tombe, elle souhaite maintenant déménager à Laval et son projet est de se faire enterrer sur le même terrain. »

Cimetière Laval a aussi une vocation écologique. Un apiculteur y élève des abeilles et des groupes d’ornithologues viennent y observer des oiseaux rares.