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La pression monte pour que Scheer démissionne plus tôt que tard

Les jours semblent de plus en plus comptés pour le leadership du chef conservateur Andrew Scheer.

«Plusieurs indices actuellement doivent le pousser à réfléchir à quitter rapidement», croit le sénateur québécois Claude Carignan, qui a souligné mardi que les appuis à M. Scheer dans ses rangs s'amenuisent.

Le chef conservateur pourrait décider de s’accrocher au pouvoir jusqu’au vote de confiance qu’il devra subir en avril, au congrès national de son parti, mais plusieurs croient qu’il serait plus sage pour lui de démissionner bien avant pour éviter les guerres intestines.

Dans les dernières 24 heures, les tuiles se sont successivement abattues sur M. Scheer, à commencer par une rencontre houleuse avec des candidats défaits au Québec. De la trentaine de personnes présentes, la plupart auraient carrément réclamé son départ.

«Son leadership est affaibli et il ne lui reste pas de marge de manœuvre pour maintenir son leadership», a résumé Dimitri Soudas, ex-directeur des communications sous le gouvernement de Stephen Harper.

À ses yeux, M. Scheer se fera «fort probablement» montrer la porte par les membres du parti conservateur s’il attend le vote d'avril. Partir de son propre chef au cours des prochaines semaines serait une façon de «garder la tête haute».

Même son de cloche du côté du sénateur Carignan, qui voit difficilement comment M. Scheer peut parvenir à convaincre les troupes conservatrices de se rallier derrière lui.

«Les gens ne sont pas réceptifs. On sent qu’ils croient de moins en moins en lui et, dans certains cas, pas du tout», a-t-il constaté. Le principal reproche adressé à M. Scheer est d’avoir tergiversé sur les questions de l’avortement et du mariage gai durant la campagne électorale, lui qui est pro-vie.

Un ménage insuffisant?

Pourtant, M. Scheer a tenté de calmer la grogne en faisant un ménage dans sa garde rapprochée, ce qui n’a pas eu l’effet escompté. Samedi, il annonçait qu’il limogeait son chef de cabinet, le Québécois Marc-André Leclerc, et de son directeur des communications, Brock Harrison. Le directeur de campagne et cofondateur du média alternatif de droite «The Rebel», Hamish Marshall, a aussi été remercié.

Pour le politologue Frédéric Boily, de l’Université de l’Alberta, il devient de plus en plus clair que M. Scheer ne tiendra pas le coup jusqu’en avril.

«S’il n’annonce pas qu’il va quitter dès la semaine prochaine, il faudrait qu’il présente une espèce de calendrier voulant qu’après les Fêtes, il laisse graduellement la place», a-t-il analysé.

L'expert souligne que les tirs contre M. Scheer proviennent aussi de sa base conservatrice, en Alberta et en Saskatchewan. Des groupes qui se positionnent contre le mariage gai et l’avortement ont d’ailleurs signalé au «Globe and Mail» qu’ils n’ont pas l’intention de défendre M. Scheer.

- Avec la collaboration de Raymond Filion, TVA Nouvelles

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