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Plaidoiries sur la peine pour Blessing Dugbeh

Jean-François Desbiens | TVA Nouvelles

Coupable d'agression sexuelle en groupe sur une personne de moins de 16 ans, contact et incitation à des contacts sexuels, menaces de mort et harcèlement criminel, Blessing Dugbeh était de retour en cour au palais de justice de Sherbrooke dans le cadre des plaidoiries sur sa peine.

L'avocat du prévenu de 22 ans conteste la peine minimale de cinq ans pour le crime de viol collectif. Me Guy Plourde s'appuie sur l'article 12 de la Charte canadienne des droits et libertés pour faire invalider la peine minimale de cinq ans.

Il plaide qu'il ne faut pas céder aux émotions que peuvent susciter pareil crime. Dugbeh n'avait aucun antécédent et ses chances de réhabilitation sont excellentes selon son avocat qui pense qu'une peine de moins de deux ans avec un suivi probatoire de trois années serait justifiable.

En février 2017, lors d'une soirée entre amis à Sherbrooke, pendant que deux autres adolescents retenaient les mains de la victime âgée se 15 ans, Blessing Dugbeh lui a pris la tête pour l'obliger à lui faire une fellation. La juge avait qualifié de troublants les événements pendant lesquels les jeunes ont agi comme un troupeau.

Ces gestes sexuels, la victime s'y est opposée de nombreuses fois et n'y a jamais consenti.

«Je me suis senti comme un objet, j'avais peur de me faire juger»,a mentionné la victime qui est aujourd'hui âgée de 18 ans.

Dans une lettre qu'elle a lue à la juge Claire Desgens et l'accusé, la jeune femme dit avoir bénéficié de peu de soutien de sa famille avec qui elle a peu de contacts.

Elle a aussi insisté sur la crainte qui l'habite depuis. «Je vis du stress et de la colère. Il m'a pris le peu de ce qui me restait de joie, d'estime et de confiance en moi. J'ai peur du jour où il sortira et sera remis en liberté. Je me fais plein de scénarios sur ce qui pourrait m'arrive», a-t-elle conclu.

À la suite du procès qui s'est tenu le printemps dernier, rappelons que Blessing Dugbeh, porteur du VIH, a été accusé d'agressions sexuelles graves mettant la vie en danger sur trois autres adolescentes.

Les agressions alléguées auraient été commises entre mai 2016 et septembre 2017 et seraient contemporaines avec les événements pour lesquels il doit être condamné.