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Poursuite linguistique contre des fontaines du Sénat

TVA Nouvelles

Michel Thibodeau n'en est pas à sa première cause célèbre. En 2014, la Cour suprême a statué qu'Air Canada avait violé ses droits linguistiques. Cette fois, c’est la Cour fédérale qui tranche en sa faveur dans une toute autre affaire.

L'enjeu: des fontaines d'eau du Sénat, à Ottawa. Michel Thibodeau dénonce que le bouton pour les activer ne sont qu'en anglais et en braille (et pas en français). La Loi sur les langues officielles garantit pourtant des services en anglais et en français à tous dans les institutions fédérales.

«Ce que je veux, c'est me servir de la fontaine d'eau et me sentir égal par rapport à un anglophone. Lorsque je dois peser sur le bouton "push", je ne me sens pas égal. Je me sens comme un citoyen de deuxième classe», fait valoir le demandeur.

Jeudi dernier, un juge lui a donné raison et a ordonné au Sénat de lui verser 1500 dollars en compensation et le remboursement de ses frais d’avocat.

Capture TVA Nouvelles

Si bien des gens se disent d'accord avec le jugement, d'autres qualifient la démarche de futile. L'homme d'Ottawa s'en défend. «Les gens disent: "c'est banal, on ne le fera pas". Mais 50 ans après l’adoption de la Loi sur les langues officielles, il y a encore des violations comme ça partout à travers le pays.»

Des fontaines bilingues

Pour remédier à la situation, le Sénat a ajouté des affichettes près des abreuvoirs concernés. «Pour activer la fontaine d'eau, veuillez appuyer sur le bouton», peut-on lire dans les deux langues officielles.

Mais les boutons unilingues «push», eux, sont toujours là, ce qui fait dire à la Cour fédérale que le Sénat ne se conforme toujours pas entièrement à la Loi sur les langues officielles. La Chambre haute dit étudier les options et les coûts pour remplacer les fontaines.