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Écart salarial: les syndicats des fonctionnaires québécois crient à l’iniquité

Vincent Larin | Agence QMI

Les syndicats de fonctionnaires québécois crient à l’iniquité et demandent au gouvernement de rehausser les salaires de leurs membres après la publication d’un rapport indiquant qu’ils gagnent 6,2 % de moins que leurs collègues d’autres milieux.

«Le gouvernement doit donner un coup de barre rapidement et sérieusement, car l’absence de conditions attractives est en train de dépouiller l’État de ses capacités de s’acquitter de ses missions même au sein des différents ministères et organismes», a affirmé le président du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), Christian Daigle, en point de presse jeudi.

Un rapport de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), paru jeudi, indique un écart de rémunération entre les fonctionnaires de l’administration québécoise et leurs homologues des entreprises privées de plus de 200 employés et des «autres travailleurs de secteurs publics», soit ceux employés au municipal, au fédéral, dans les sociétés d’État et dans les universités.

La rémunération globale de ces «autres» (avantages sociaux compris) est 24,9 % plus élevée que celle de leurs collègues de l’administration québécoise, et ce, pour le même poste, souligne le rapport de l’ISQ.

L’écart le plus important se situe toutefois entre les fonctionnaires québécois et ceux des municipalités qui gagnent 35 % plus cher en moyenne pour les mêmes tâches.

Strictement sur le volet du salaire, un salarié est mieux payé dans l’entreprise privée, mais compte tenu des avantages sociaux, ses conditions salariales sont semblables à celles qu’il aurait dans l’administration québécoise, note également l’ISQ.

La première vice-présidente du Syndicat de professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), Lydia Martel, estime qu’il s’agit là d’une situation «inéquitable».

«Pour nous, c’est une démonstration claire et nette que les conditions de travail sont en deçà de ce qui se fait au privé et dans les autres secteurs fédéraux, municipaux et universitaires», a-t-elle expliqué.

Selon le président du SFPQ, le gouvernement a tout à gagner en offrant de meilleurs salaires à ses employés puisqu’il pourrait ainsi économiser sur d’autres fronts, tels la formation continuelle de nouveaux employés, a fait valoir Christian Daigle notamment.

«Le salaire décent va permettre d’économiser, car [le gouvernement] ne sera pas obliger d’aller en sous-traitance. La sous-traitance coûte au moins deux fois plus cher que de le faire à l’interne», a-t-il aussi ajouté.

La publication de ce rapport par l’ISQ est prévue par la loi alors que s’amorcent les négociations entre le gouvernement de François Legault et les syndicats des employés de la fonction publique, des réseaux de la santé, des services sociaux et de l’éducation.

Leurs conventions collectives viennent à échéance en mars et doivent être renouvelées.