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Un homme coupable d’avoir battu un bébé de 17 jours

Antoine Lacroix | Le Journal de Montréal

Romolo Tavani - stock.adobe.com

Un homme de la Montérégie a été déclaré coupable, jeudi, d’avoir causé de nombreuses blessures à un bébé qui était seulement âgé de 17 jours, en 2012.

« On ne saura probablement jamais pourquoi l’accusé a agi de la sorte. [...] Est-ce que c’était parce que l’enfant criait trop, bougeait trop ? Seulement lui a la réponse à cette question », a indiqué dans sa décision le juge Joey Dubois, en reconnaissant la culpabilité de David-Brett Normandeau pour voies de fait causant des lésions.

Le jeune de 27 ans a toujours nié toute implication dans cette affaire, alléguant que c’était plutôt l’enfant qui avait les os fragiles.

Importantes blessures

Or, le magistrat a conclu que Normandeau est le seul qui aurait pu infliger les sévices au bambin alors qu’il changeait sa couche, le 30 décembre 2012.

L’accusé a raconté au tribunal avoir pris le bébé par les chevilles pour lui mettre une couche propre. C’est alors qu’il a entendu un gros craquement. En panique, il a appelé la mère de l’enfant pour obtenir de l’aide.

En regardant le bambin, elle a constaté que sa « cuisse gauche était le double de la grosseur normale », peut-on lire dans le document de la cour.

Il a été amené d’urgence dans un centre hospitalier. Les autorités médicales ont vite soupçonné un cas de maltraitance envers le poupon. Il a été transféré à l’Hôpital Sainte-Justine, où des examens ont permis de lui diagnostiquer une fracture du fémur, des fractures aux côtes, une ecchymose au visage, ainsi que les freins des lèvres et de la langue sectionnés.

La maman a commencé par mentir au personnel en disant qu’elle était présente au moment où la couche a été changée, mais a rapidement admis que c’était faux lorsqu’elle a été confrontée.

On s’est rapidement tourné vers Normandeau comme principal suspect, mais celui-ci a « pété un plomb » à l’hôpital lorsqu’on l’a accusé de maltraitance, lit-on dans la décision.

Plusieurs experts

En guise de défense, l’accusé a présenté des experts qui ont affirmé que le bébé pouvait avoir une condition médicale qui faisait en sorte que son squelette était fragile.

Le juge Dubois a rejeté le tout du revers de la main, puisque ceux-ci n’avaient jamais ausculté l’enfant en personne. Les spécialistes de la Couronne ont, pour leur part, estimé que les blessures étaient dues à une « force excessive ».

« L’accusé est responsable de la force qu’il a appliquée. Une telle force constitue une agression. L’application d’une force déraisonnable sur un bébé de 17 jours qui doit être manipulé avec soin peut et a mené à des blessures », a conclu le magistrat.

Un interdit de publication nous empêche de mentionner le lien entre le coupable et le bébé.

– Avec la collaboration de Claudia Berthiaume