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Coupable d'attentat à la pudeur sur une mineure, il est invité à un colloque

Alexandre Cantin | TVA Nouvelles

ARCHIVES/TVA NOUVELLES

Un organisme voué à la prévention du suicide chez les membres des Premières Nations a invité un homme reconnu coupable d’attentat à la pudeur sur une mineure à donner une formation lors d’un colloque tenu à Montréal au cours des derniers jours.

Léo St-Onge a participé à l’événement Dialogue pour la vie 2019 de l’Association prévention suicide premières nations et Inuits du Québec et Labrador.

Il a été formateur dans un atelier de trois jours intitulé «l’agression sexuelle, de l’enfance à l’âge adulte, conséquences et aides aux victimes».

Cette formation visait à soutenir les interventions auprès des victimes dans les communautés et aider les participants à comprendre les distorsions cognitives qui habitent les agresseurs.

Léo St-Onge y est présenté comme « chef traditionnel de la grande famille algonquienne, leader de la loge midewin et participant aux guérisons spirituelles ».

Contactée par TVA Nouvelles, la victime de Léo St-Onge, reconnu coupable d’attentat à la pudeur sur une mineure en 2016 pour des événements remontant aux années 80, juge la situation inacceptable.

«Je ne comprends pas pourquoi lui, il peut donner un atelier sur ça. Il est en train de décortiquer ma vie. Comment je me suis sentie... Comment un organisme peut-il inviter quelqu’un de ce genre là pour donner un atelier? Je suis en contact avec une intervenante pour faire une plainte au Conseil d’administration.»

Il n’a pas été possible de contacter un représentant de l’Association prévention suicide premières nations et Inuits du Québec et Labrador.

En 2016, cet organisme avait décerné à Léo St-Onge le prix Initiative de Développement communautaire lors du colloque Dialogue pour la vie.

La remise de cet hommage avait choqué la victime de l’homme. Elle avait contacté l’association qui avait décidé de retirer cet honneur à Léo St-Onge.

Dans une lettre envoyée à la victime, l’organisme s’était dit conscient des tensions que son geste a pu causer et s’excusait auprès de la victime.

«L’organisation n’était pas informée du cas de ce monsieur et en prend le blâme», était-il écrit dans la missive.

L’association s’était engagée à retirer la plaque qui avait été remise à Léo St-Onge et faire le nécessaire afin qu’une telle situation ne se reproduise plus.

Le suicide est une problématique sur laquelle s’est penché le coroner Bernard Lefrançois qui a enquêté sur cinq suicides survenus en 2015 à Uashat-Maliotenam.

Les abus sexuels font partie des éléments qui ont été identifiés comme une source de détresse chez des membres de la communauté.

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