/news/law

Neuf ans après la blague de Mike Ward: Jeremy Gabriel encore victime de propos haineux

Myriam Lefebvre | Agence QMI

S’il se dit soulagé de la décision de la Cour d’appel du Québec qui a ordonné à Mike Ward de lui verser 35 000 $ pour les propos discriminatoires tenus à son sujet, Jérémy Gabriel estime être encore victime de mauvaises blagues découlant du sketch de l’humoriste, neuf ans plus tard.    

• À lire aussi: Droits de la personne: Mike Ward débouté en appel  

En entrevue au lendemain de la décision, Jeremy Gabriel a dit toujours recevoir des messages haineux sur Facebook et sur Instagram l’incitant à mourir presque chaque jour, près de 10 ans après le numéro de Mike Ward blaguant sur le fait qu’il n’était «pas tuable».    

«Il y a même du monde dans des restaurants, au centre d’achats ou dans des bars qui vont me dire: "hey, tu crèves-tu mon..."», a-t-il affirmé, après avoir accepté de réécouter le sketch avec son intervieweur.    

«Imaginez quand on a 13 ans et qu’on entend ça pour la première fois, et qu’on entend en plus les rires des gens qui trouvent ça drôle que tu meurs. Tu as 13 ans, tu bâtis ton identité. [...] Tous les jeunes de ton école secondaire connaissent cette blague-là», a-t-il aussi déclaré en entrevue.    

Jérémy Gabriel estime que les humoristes doivent être tenus responsables de ce qu’ils disent et qu’ils ne peuvent être au-dessus des lois.    

«Quand on veut jouir d’une liberté d’expression en général, on a une responsabilité d’en faire un bon usage [...] et de ne pas l’utiliser pour en faire de l’intimidation», a-t-il rappelé.    

«La liberté d’expression à tout prix, c’est tout à fait irresponsable. Ça veut dire qu’on peut dire ce qu’on veut et on ne peut pas être tenu responsable. Je n’ai pas l’intention de laisser ça aller», a-t-il martelé.  

Jusqu'en Cour suprême?    

Évoquant sur Facebook l’idée de porter sa cause jusqu'en Cour suprême, Mike Ward indique qu’il «aime mieux faire de la prison que de payer cette amende», peut-on lire sur son compte.    

Jérémy Gabriel n’entrevoit pas d’un mauvais œil la tenue d’un procès devant le plus haut tribunal du pays.    

«Il y a un débat qui est très sain là-dedans et je suis content, parce que celui-ci sera amené à interpeller tous les Canadiens et le débat sera amené à un autre niveau avec des conséquences beaucoup plus graves. [...] Il va y avoir une jurisprudence au pays», a-t-il indiqué.

Dans la même catégorie