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Un bar surveillé depuis la Chine conteste une suspension de permis

Michael Nguyen | Journal de Montréal

Pierre-Paul Poulin

Un bar d’Hochelaga où le sexe, la drogue et la violence sont monnaie courante et où les propriétaires assurent la surveillance parfois depuis la Chine part en guerre contre l’État afin de récupérer ses appareils de loterie vidéo.

«Les activités commerciales [du bar Chez Françoise] sont mises en péril en raison des actions abusives de la Société des établissements de jeux du Québec», déplorent les responsables de l’établissement, qui réclament 220 000 $ de dommages dans une poursuite civile déposée au palais de justice de Montréal.

Tong Li, la propriétaire, digère mal une décision de la Régie des alcools, qui a suspendu sa licence en août dernier pour une série d’événements survenus dans son bar de la rue Sainte-Catherine, dans le quartier Hochelaga.

Lors d’une enquête policière, un agent d’infiltration a été témoin de commandes de cocaïne effectuées par les serveuses. Il a même pu en acheter.

Conjoint derrière le bar

À un autre moment ils sont intervenus pour des coups de feu tirés à l’extérieur de l’établissement. Des policiers ont constaté sur des vidéos de surveillance que l’ami de cœur d’une serveuse servait des clients derrière le bar tout en tenant une arme à feu dans les mains. Mme Li conteste.

Des agents ont même déjà été pris à partie par des clients, lors d’une intervention afin d’empêcher des personnes d’avoir des relations sexuelles dans les toilettes.

Pour la proprio Tong Li, la suspension de sa licence est exagérée et doit être renversée. Car si la Régie avait tranché que la surveillance et la sécurité étaient totalement inadéquates, il n’en est rien, assure-t-elle dans sa poursuite civile.

Car, dit-elle, les serveuses ont la directive «claire» de ne pas vendre de la drogue, et qu’un agent de sécurité est embauché les soirées achalandées, entre autres.

Surveillance de la Chine

Elle dit aussi jeter un œil sur le bar à distance, à travers 14 caméras de surveillance connectées à son téléphone intelligent.

«Elle surveille les images en direct de son téléphone cellulaire», peut-on lire dans le document de cour.

Le mari de Mme Li assure la surveillance du bar, assure-t-elle. Le hic, c’est que des témoignages avaient permis de découvrir un fait particulier : alors que le mari jurait qu’il surveillait le bar, il était... en voyage en Chine.

Mais malgré ces manquements, Mme Li est convaincue que la Société des établissements de jeux du Québec doit lui rendre les appareils de loterie vidéo qui lui ont été retirés, en plus de lui donner 220 000 $ à titre de dommages.

« Les appareils représentent un revenu de 60 000 $ », assure-t-elle dans sa poursuite. Contactée par Le Journal, Mme Li a répété qu’elle ne souhaitait pas commenter.