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La violence conjugale poursuit les femmes jusqu’au boulot

Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale a lancé samedi une campagne de sensibilisation pour inciter les employeurs et les syndicats à mettre en place des mesures de protection jusque dans les milieux de travail.

C’est que trop souvent, la violence conjugale suit les femmes jusqu’au boulot, notamment par les textos et les courriels, et même par des visites des conjoints violents au boulot.

La campagne Milieux de travail alliés contre la violence conjugale s’inscrit dans le cadre des 12 jours d'action contre les violences envers les femmes, qui se déroule jusqu’au 6 décembre.

L’organisme, qui regroupe 43 maisons d'aide et d'hébergement au Québec et existe depuis 40 ans, cite une étude de l’Université Western, de London, en Ontario, qui indique qu’une travailleuse canadienne sur trois dit avoir été victime de violence conjugale. Plus de la moitié d’entre elles ont indiqué que la violence les poursuit jusqu’au travail, ce qui a un impact sur les victimes, bien sûr, mais aussi sur leurs collègues.

«Plus les employeurs et les syndicats seront sensibilisés, plus ils seront capables d'aider les femmes à sortir de leur relation de violence», a dit Chantal Arseneault, présidente du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, par communiqué.

Le Regroupement offre un accompagnement aux employeurs et aux syndicats grâce à des formations sur la violence conjugale ainsi que des outils de sensibilisation. Il leur recommande aussi de mobiliser une intervenante, au sein du milieu de travail, à qui les femmes victimes de violence conjugale pourront se confier et chercher du soutien.

Par ailleurs, une étude du Conference Board du Canada indique que près de trois quarts des employeurs au pays ont déjà dû protéger une victime de violence familiale, souligne également le Regroupement.

«Des employeurs peuvent aménager le poste et les conditions de travail de la victime, si elle le souhaite, ou mettre en place des mesures de sécurité adaptées si l'employée se sent en danger: filtrage des appels, procédure si le conjoint se présente sur le lieu de travail, etc.», a indiqué le Regroupement.

Les 43 maisons membres du Regroupement ont hébergé près de 2800 femmes et 2200 enfants en 2018-2019.

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