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Les propriétaires de garderies privées dénoncent les inégalités du réseau

Véronique Dubé | TVA Nouvelles

Les propriétaires de garderies non subventionnées dénoncent ce qu'ils jugent être une injustice au sujet du tarif unique dans les garderies publiques, et craignent qu’un fossé ne se creuse entre les utilisateurs des deux réseaux.

Certains pensent même que le ministre aurait dû transférer toutes les garderies privées au public.

C’est le cas de la propriétaire d’une garderie privée rencontrée par TVA Nouvelles qui s'inquiète depuis que le tarif de 8,25 $ par enfant par jour dans le réseau public a été annoncé.

«Ça crée vraiment une différence incroyable. On n'est plus du tout avec les quelques dollars de différence dans le passé. Là, on vient vraiment de créer deux classes complètement à part», dénonce Nathalie Lajoie, propriétaire de la Garderie de la Montagne Magique, à Mont-Saint-Hilaire.

capture d'écran | TVA Nouvelles

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Les clients dans cette garderie paient 900$ par mois par enfant. La mère d’un bambin qui fréquente cette installation se questionne.

«Le projet d'un 2e enfant, est-ce qu'on va le faire ou pas? Quand c'est rendu que c'est les chiffres qui gèrent la famille, pour nous, ça ne fonctionne pas», soutient Jennifer Waite, une jeune maman.

«Avec nos voisins, qui ont deux enfants en CPE, on a un écart net de 13,000$ annuellement. Donc, nos enfants, qui vont être à la garderie pendant peut-être quatre ans. Ça représente plus de 40 000$ [de différence]», dénonce Jonathan Vaillancourt, le père.

Les crédits d'impôt actuels ne suffisent pas pour combler la différence, disent-ils, et ils voudraient accéder à une place en CPE.

«On est égorgés!»

«S'il vous plaît, trouvez-nous des solutions à court terme, pour arrêter de nous prendre en otage. On est tannés de payer, là. On est égorgés», explique pour sa part Brigitte Cardinal, une autre maman.

Pour la propriétaire de la Garderie de la Montagne Magique, il faudrait subventionner le réseau des garderies en totalité.

«On est régis par les mêmes lois, les mêmes règlements, les mêmes normes», soutient-elle.

Le ministre est pourtant d'accord avec le principe de subventionner les garderies privées. Il a d'ailleurs lancé un projet pilote à cet effet, et il dit qu'il veut entamer les discussions avec les propriétaires.

«En annonçant un projet pilote, c'est un pas de géant», avait indiqué le ministre de la Famille Mathieu Lacombe.

Il ajoute du même souffle que les garderies privées coûtent cher à l'État.

«On parle, pour le crédit d'impôt de frais de garde d'enfant, de plus de 800 millions de dollars par année», a-t-il précisé.

Selon madame Lajoie, le ministre a tous les arguments pour convertir toutes les garderies sans hésiter.

«Un projet pilote, pourquoi? Parce que sincèrement, on fait tous la même chose. Nos éducatrices ne valent pas moins que les éducatrices dans un autre service.»

Pendant ce temps, 70 000 enfants n'ont toujours pas accès aux CPE.