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Jeux de société: le Québec tire son épingle du jeu

Étienne Paré | Agence QMI

ÉTIENNE PARÉ/AGENCE QMI

Les Québécois ont vraisemblablement l'imagination fertile. Plaque tournante pour la conception de jeux vidéo depuis plusieurs années, la Belle Province ne donne pas non plus sa place en matière de jeux de société.

Cette industrie est en pleine croissance, comme en fait foi le succès du Salon du jeu de société, qui a rallié amateurs, créateurs et distributeurs cette fin de semaine à Montréal.

Ceux qui espèrent profiter de ce regain d'intérêt doivent cependant être prévenus: le marché actuel n'a rien à voir avec l'époque où les gens pouvaient rester enfermés pendant des heures pour une partie de Risk, de Clue ou de Monopoly.

«Jamais Monopoly pourrait exister si ça sortait aujourd’hui. Personne n’accepterait de le distribuer si c’était présenté aujourd’hui. C’est un jeu basé sur la chance alors que maintenant, un plaisir de jouer, c’est de prendre des décisions», a souligné Simon Jutras, président de Ludo Québec, qui organisait l’événement.

Du vin et des jeux

Aujourd'hui, la tendance est aux jeux courts qui ne demandent pas un grand niveau d'intellect, afin que tous puissent garder le fil, même après un ou plusieurs verres.

Le très grivois «L'Osti d’jeu» est probablement le plus patent exemple. En à peine quatre ans, il est devenu un incontournable des partys de Noël un peu trop arrosés.

Avec plus de 265 000 boîtes vendues, le distributeur québécois Randolph commercialise aujourd'hui l’extension «régions», dans laquelle les cartes sont des «insides» propres à chaque coin de pays.

Visant toujours le même public cible, Randolph vient aussi de sortir «Vin Mystère», conçu en collaboration avec la sommelière Jessica Harnois. À travers les différentes étapes du jeu, les participants doivent deviner le plus d’informations possible sur un vin dont l’étiquette est cachée, le tout en le sirotant, évidemment.

«Les gens veulent jaser, mais ce n’est pas si facile avoir une soirée fluide où tout le monde s’entend. Les jeux de société permettent de créer un bon moment présent. C’est un outil de discussion et de développement familial», a analysé Jean-Philippe Fontaine, responsable des ventes chez Randolph, pour expliquer le succès de l’entreprise.

Un travail de longue haleine

Bien entendu, il y a toujours un public pour les jeux de société plus nichés. Yannick Gervais a inventé de A à Z «Candidats pour Mars», qui vise principalement les jeunes du primaire avec son volet éducatif, mais qui saura aussi plaire à un auditoire plus «geek», selon son créateur.

Cette fin de semaine, il misait gros en présentant un énième prototype, espérant convaincre des distributeurs de mettre son bébé en marché.

«Il faut recevoir les commentaires. Ça aide pour s’améliorer. Là, c’est la quatrième version», a raconté Yannick Gervais, qui gagne sa vie comme ingénieur civil à la Ville de Montréal.

Son jeu, il le conçoit dans ses temps libres, par essais et erreurs, depuis quatre ans maintenant, ce qui est le cas de la plupart des concepteurs présents au salon cette fin de semaine.

Bref, il faut donc assurément être intelligent, passionné, mais surtout patient pour créer le prochain Cranium.