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Le projet de loi 51 jugé injuste pour les parents adoptants

Agence QMI | TVA Nouvelles

La députée péquiste Véronique Hivon a dénoncé, dimanche, le projet de loi 51 de la CAQ qu'elle juge injuste pour les parents d'enfants adoptés.

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Selon elle, la Coalition Avenir Québec (CAQ) avait promis, en campagne électorale l'an dernier, que les parents d'enfants adoptés pourraient avoir droit à 55 semaines de congé parental, soit autant que les parents d'enfants biologiques, contre 37 semaines actuellement.

Or, le projet de loi 51 présenté la semaine dernière prévoit cinq semaines de plus pour le père, cinq semaines de plus pour la mère et cinq semaines supplémentaires s'ils adoptent à l'étranger.

«C'est un projet de loi d'autant plus injuste que, non seulement il continue à discriminer entre les enfants adoptés et les enfants biologiques, entre les familles adoptives et les familles biologiques, mais il crée une nouvelle couche de discrimination puisqu'il donne cinq semaines de congé supplémentaires aux enfants qui sont adoptés à l'international par rapport à ceux qui sont adoptés au Québec», a dénoncé la responsable des questions de famille au Parti québécois, lors d'un point de presse tenue à Montréal aux côtés d'organismes et de parents souhaitant adopter.

«Pour comble d'insulte, il en coûterait tout au plus entre 4 et 5 millions $ par année pour corriger cette injustice, alors que le budget du RQAP avoisine les 2 milliards $ annuellement», a ajouté Véronique Hivon, qui réclame que le CAQ amende son projet de loi pour «mettre fin à ce système qui crée deux catégories d'enfants».

Des parents adoptants préoccupés

Annie Filion, mère adoptante de 2 enfants, a dû retourner sur le marché du travail seulement six mois après avoir adopté un enfant de 4 ans. «Il vivait ça comme un autre abandon. Moi, j'ai dû prendre un an de congé différé à mes frais, que j'ai donc dû rembourser pendant 5 ans» a-t-elle expliqué à la caméra de TVA Nouvelles.

La famille Rheault, quant à elle, s'occupe à temps plein de Delphine, deux ans et demi, qui est arrivée du Vietnam au mois d'août.

«Elle se réveille aux heures, des fois même aux demi-heures, pour s'assurer qu'on est présents. Et là, de penser que dans environ 3-4 mois, je vais devoir l'introduire à la garderie, quand on commence à voir des petits signes d'attachement qui se mettent en place... pour moi, c'est préoccupant» affirme Julie St-Amant.

Ces parents font front commun pour réclamer l'équité, soit 55 semaines de congé parental.

«La comparaison avec l'accouchement, je la comprends, j'enlève rien aux mères biologiques. Mais en adoption, on vit aussi des choses, des soubresauts au niveau physique, des soubresauts au niveau psychologique.» a conclut Annie Fillion.