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«Si mon petit frère n'était pas allé, mon père serait mort étouffé»

TVA Nouvelles

France Bastien, la fille de l’octogénaire décédé dimanche matin après s’être violemment frappé la tête dans un CHSLD de Trois-Rivières, s’est entretenue avec TVA Nouvelles et témoigne de l’événement inconcevable qu'elle a vécu.

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L’octogénaire qui a chuté dans un CHSLD est décédé

France Bastien est au tout début du deuil de son père, Guy Bastien. Atteint d’Alzheimer depuis 2 ans, il lisait encore, adorait la musique et était relativement autonome.

«Ce qui était important pour moi, c’était que mon père soit sans douleur, soit capable de rire et d’écouter sa musique» dit-elle, avec un sourire.

D’après France Bastien, son père vivait dans de belles conditions et aurait pu vivre encore longtemps avec eux.

«On a vu des personnes beaucoup plus atteintes que lui et qui avaient encore du plaisir à vivre» explique-t-elle à la caméra de TVA Nouvelles

Un récit des événements contradictoire

Vendredi soir dernier, tout allait bien. Guy Bastien venait tout juste de recevoir la visite de sa conjointe et de son fils, Marc Bastien, lorsqu’aux alentours de 20h30, le téléphone de Claudette Bellemare, sa conjointe, retentit.

Au téléphone, on lui dit qu’une altercation avec le gardien a eu lieu dans le CHSLD et que le patient s'est cogné la tête en tombant sur le dos. En réalité, ce dernier aurait été poussé par le gardien lors d'une altercation.

«Ils ont dit qu’il saignait du nez et qu’il vomissait, mais que ça allait mieux et qu’ils l’avaient à l’œil.»

Le frère de France Bastien, alerté, s’est tout de suite mis en direction du CHSLD. Telle ne fut pas sa surprise lorsqu’il découvrit son père gisant par terre, dans une marre de vomi et de sang.

Les services d'urgence n'avaient pas été alertés et Marc Bastien a dû faire les démarches lui-même.

Selon les dires de sa fille, Guy Bastien a énormément souffert et «était crispé de douleur à l’urgence.»

«Si mon petit frère était pas allé, j’imagine qu’il serait mort étouffé. Il ne se serait sans doute pas rendu au lendemain matin. Il aurait souffert tout seul dans son lit» explique France Bastien, la voix chevrotante.

«Il ne faut plus que ça se reproduise»

La ministre des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, a offert ses plus sincères condoléances à la fille de Guy Bastien.

«C’est vraiment gentil de sa part. Le réflexe qu’on a est d’y faire confiance avec ses maisons des aînés» a dit France Bastien en réaction aux excuses de Mme. Blais.

Malgré cet incident tragique, France Bastien n’a pas hésité à souligner le travail remarquable des préposés qu’elle a rencontrés sur son chemin.

«Les préposés aimaient mon père. On les côtoyaient depuis deux ans et ils étaient toujours heureux de nous voir.»

«C’est important qu’on aille voir nos gens dans les foyers. Il ne faut pas les laisser seuls. Les préposés apprécient notre présence aussi. Gardez le contact avec vos aînés» a conclut Mme Bastien.

Visionnez l'intégralité de l'entrevue donnée par France Bastien dans la vidéo ci-haut

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