/news/society

Une campagne pour dénoncer la fourrure suscite l'indignation

Geneviève Paradis | TVANouvelles.ca

Une campagne de la Société de protection des animaux du Canada (SPA Canada) qui avait pour objectif de fournir des manteaux de fourrure aux sans-abri a suscité un tollé sur les réseaux sociaux au cours des derniers jours.

À l’endos des manteaux de fourrure que l’on souhaitait offrir, les militants anti-spécistes ont inscrit «fur is cruel» «la fourrure c’est cruel» avec de la peinture rouge afin de faire passer leur message.

«Avec cette peinture, ces manteaux de fourrure n'ont plus aucune valeur monétaire, mais restent très chauds pour protéger les sans-abri du froid ! En même temps, cette action permet de supporter les personnes les plus négligées de notre société tout en aidant une bonne cause!», indiquait l’organisation sur sa page Facebook le 27 novembre dernier.

En entrevue à TVANouvelles.ca, la biologiste animale Dominique Routhier,  qui est la directrice générale par intérim de la SPA Canada, a expliqué que son organisation s’était inspirée de PETA aux États-Unis pour cette action. 

«On ne voulait pas forcer personne, on voulait expliquer le message aux itinérants et ils pouvaient décider s’ils voulaient le porter», a-t-elle indiqué à TVANouvelles.ca. «Même avant que l’on mette de la peinture rouge, des gens étaient contre l’idée», ajoute-t-elle.

Aux États-Unis, PETA fait une campagne de ce type depuis plusieurs années, mais clairement, ici au Québec, cette action a fait beaucoup réagir. 

Les itinérants utilisés?

Plusieurs internautes ont dénoncé le fait qu’on utilisait les itinérants pour faire passer un message.

«Euh... tout le monde a trouvé l’idée très bonne lors de la réunion à ce propos? C’est tellement épouvantable comme idée que je pensais que c’était un fake news!», peut-on lire en commentaire.

«C’est «cruel » pour les personnes itinérantes! C’est une fausse bonne idée...», a ajouté une autre personne.

«Donner les manteaux, géniale idée! Les peindre pour mettre "on the spot" les personnes en situation d'itinérance, alors qu'ils sont déjà victimes de profilage de la part des policiers, stigmatisés socialement, c'est les rendre encore plus vulnérables et à risque, pas les protéger!», a indiqué dans un long message une autre personne outrée par la situation.

Dominique Routhier assure que son organisation a été à l’écoute des commentaires, et s’est ajustée, contrairement à PETA qui eux vont souvent de l’avant avec des actions spectaculaires, et qui parfois sont fortement dénoncées.

Quelle solutions?

La SPA a publié un sondage sur sa page Facebook à travers lequel les gens ont décidé d’offrir les manteaux à un refuge animal, un sanctuaire.

«Je sais qu’il y a une organisation qui ne fait que ça récupérer les manteaux dans les sanctuaires. Ils sont utilisés auprès des bébés animaux orphelins qui ont perdu leur mère en guise de réconfort», précise Mme Routhier. Évidemment, avant d'être donnés, la peinture sera retirée. 

L’autre option était de couper les poils couverts de peinture afin d’offrir les quatre manteaux aux sans-abri, mais sans message. Cette solution n’a toutefois pas été la préférée auprès des gens sondés.