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Hydroélectricité: Legault ne se décourage pas, malgré un autre refus de Doug Ford

Patrick Bellerose | Journal de Québec

POL- Doug Ford and François Legault

Dominic Chan / Agence QMI

Malgré un troisième refus en un an de la part de Doug Ford, François Legault promet de revenir à la charge pour convaincre son homologue ontarien d’acheter de l’hydroélectricité québécoise. 

Le premier ministre caquiste reconnaît que l’Ontario est présentement en surplus énergétique, comme le faisait valoir M. Ford dimanche. «Mais l’avenir est long et je suis encore confiant qu’à long terme on va être capable d’augmenter nos exportations d’hydroélectricité», a commenté M. Legault en marge du Conseil de la fédération, en banlieue de Toronto.  

La veille, le premier ministre ontarien Doug Ford avait de nouveau fermé la porte à la construction de barrages hydroélectriques au Québec pour alimenter l’Ontario. Deux jours plus tôt, M. Legault avait tenté de lui vendre le projet «toute la soirée», avait-il confié, au cours d’un souper à la résidence privée du premier ministre québécois. 

«Le problème, c’est que nous avons trop d’énergie pour le moment», plaide M. Ford.  

Legault confiant   

Malgré tout, François Legault ne désespère pas. «La pression est de plus en plus forte pour qu’on utilise, en énergie, moins de gaz, moins d’énergie nucléaire. Donc, il va y avoir, de plus en plus, une pression sur l’Ontario pour aller vers des énergies propres, des énergies renouvelables», souligne-t-il.  

Quant aux centrales nucléaires ontariennes, M. Legault souligne «le problème des déchets nucléaires». «C’est sûr que, pour l’environnement, ça n’a rien à voir avec l’hydroélectricité», dit-il. 

Autonomie des provinces 

Par ailleurs, l’élection d’un gouvernement minoritaire à Ottawa représente une opportunité pour le gouvernement autonomiste de François Legault. «C’est certain que M. Trudeau ne peut pas imposer ses vues. Il doit aller chercher un certain support dans les provinces au cas où il y aurait une autre élection dans 18 mois, analyse le premier ministre caquiste. Donc, ça met un contexte où, effectivement, si on joue bien nos cartes, les provinces pourraient faire des gains avec Ottawa.»  

Par exemple, Québec souhaite une augmentation des transferts fédéraux en santé de 5,2%, contre 3% présentement. «Et on souhaiterait que ce soit sans condition», souligne M. Legault. 

De la même façon, si Ottawa va de l’avant avec la création d’un régime canadien d’assurance-médicaments, le gouvernement Legault veut pouvoir utiliser sa part du financement à sa guise, puisque la province possède déjà un tel régime.  

Ainsi, l’ex-souverainiste mise sur l’unité canadienne pour que les provinces présentent un front commun face à Ottawa. «Si on veut avoir du succès dans nos négociations avec M. Trudeau, c’est mieux qu’on parle d’une même voix sur des sujets sur lesquels on s’entend», dit-il.