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Tramway de Québec: gains de temps et réseau routier chamboulé

Stéphanie Martin | Journal de Québec

GRACIEUSETÉ/VILLE DE QUÉBEC

Les usagers du transport en commun gagneront quatre minutes dans leur temps de déplacements moyen avec l’arrivée du réseau structurant, alors que la circulation automobile sera complètement chamboulée autour du tracé. 

La Ville de Québec, le Réseau de transport de la capitale (RTC) et le bureau de projet du réseau de transport structurant ont fait une longue présentation lundi pour donner les détails du rapport d’achalandage et de l’étude d’impact sur les déplacements qu’aura le futur projet. 

Gain de 4 minutes 

On y apprend que le temps de transport moyen pour les usagers du transport en commun sera réduit à l’heure de pointe de quatre minutes environ. L’étude prend cependant en compte l’ensemble du territoire de la région, y compris Lévis. Le gain varie en fonction de l’endroit d’où partent les usagers. Plus ils partent de loin en périphérie, moins le gain est grand, voire nul. «Si on concentrait davantage dans les secteurs où ce système sera mis en place, on aura des gains plus substantiels», a noté Luc Samson, coordonnateur à la planification RTC.  

Selon M. Samson, 60% des usagers auront un gain de temps de cinq minutes ou plus et au moins 20 % qui seront supérieurs à 10 minutes.» Le RTC estime que les usagers du réseau régional économiseront 3 millions d’heures par année, en pointe du matin. 

Achalandage accru 

À l’heure de pointe, dès l’an 1 on prévoit un achalandage annuel de 51 200 passagers contre 38 500 en 2017, une hausse de 33%. Il passe à 53 400, en 2041, 15 ans plus tard. «C’est la période qui est la plus critique pour le transport collectif. On veut toujours s’assurer que notre système a la bonne dimension», a souligné Luc Samson. 

«On estime que ces résultats sont conservateurs», puisqu’on prend en compte un modèle de croissance conservatrice de la population. 

Si la Ville ne se dote pas d’un réseau structurant, l’usage du transport collectif augmentera nettement moins rapidement. 

Part modale 

La proportion d’usagers qui vont choisir le transport collectif pour leurs déplacements passera de 8,5 % à 10,9 % dès l’an un et à 11,1% en 2041. M. Samson informe qu’une hausse de cet ordre ne s’est jamais produite dans l’histoire du RTC, malgré toutes les mesures mises en place, y compris l’avènement des métrobus. «D’un point de vue de points de pourcentage, ça peut paraître faible, mais une croissance comme ça, c’est du jamais vu.» 

Cela représente 13 millions de déplacements de plus par année. 

Quartiers adjacents 

Les quartiers adjacents au tracé du tramway et du trambus subiront des changements notables dans les patrons de circulation. En effet, avec la plateforme qui sera aménagée sur des axes majeurs comme René-Lévesque et Laurier, plusieurs intersections seront réaménagées. 

En tout, 148 carrefours se retrouveront avec une plateforme infranchissable pour les voitures. De plus, on empêchera le virage à gauche à 86 intersections. 

«Ça va emmener un changement dans la façon dont on doit se déplacer», a soutenu Marc Des Rivières, directeur du Transport et de la mobilité intelligente à la Ville. 

Tous les carrefours traversants vont cependant être munis de feux pour voitures et piétons, ce qui selon M. Des Rivières va faciliter la vie des piétons. 

Ces changements amèneront inévitablement des détours nécessaires dans les rues adjacentes, dont plusieurs sont résidentielles. La Ville assure qu’elle tentera de limiter les impacts et mettre en place «des mesures pour assurer une qualité de vie». 

Stationnement 

En tout, 1241 places de stationnement seront retirées sur les axes du tramway et du trambus et dans les secteurs adjacents. Le tiers seront retirées sur René-Lévesque et 20% sur la 1re Avenue. On va cependant en relocaliser 711 ailleurs. La perte nette est donc de 530 espaces. 

Pour en arriver à ce calcul, la Ville a considéré le taux moyen d’occupation actuel des espaces qui est de 57%. «Beaucoup de places ne sont pas utilisées dans les rues périphériques», a mentionné M. Des Rivières.

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