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Washington taxe de nouveau les importations d'acier et d'aluminium

Agence France-Presse

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Donald Trump a annoncé lundi que les États-Unis allaient imposer des droits de douane sur les importations d'acier et d'aluminium en provenance du Brésil et de l'Argentine, prenant par surprise l'un de ses principaux alliés, le président brésilien Jair Bolsonaro.

Le président américain a justifié sa décision par le besoin de riposter à la dévaluation des monnaies de ces pays, faisant fi de la crise économique que traverse actuellement l'Argentine.

«Le Brésil et l'Argentine ont procédé à une dévaluation massive de leur monnaie, ce qui n'est pas bon pour nos agriculteurs», a tweeté le locataire de la Maison-Blanche.

«Avec effet immédiat, je rétablirai les tarifs sur tout l'acier et l'aluminium qui sont expédiés de ces pays aux États-Unis», a-t-il ajouté.

Cette annonce est une très mauvaise nouvelle pour le Brésil, le deuxième fournisseur d'acier des États-Unis. Même chose pour l'Argentine qui exporte la majorité de son acier et son aluminium vers la première puissance économique mondiale.

Le très pro-américain Jair Bolsonaro, qui se targue d'entretenir d'excellentes relations avec Donald Trump, a immédiatement réagi, se disant prêt à appeler son homologue américain.

Incertitudes

«J'ai une ligne directe avec lui», a-t-il déclaré à des journalistes devant sa résidence à Brasilia.

En mars 2018, Donald Trump avait annoncé l'instauration, au niveau mondial, de droits de douane de 25% sur l'acier et de 10% sur l'aluminium avant d'accepter quelques mois plus tard de les supprimer pour l'Argentine et le Brésil, ainsi que pour d'autres pays.

En échange de cette exemption, le Brésil avait accepté d'établir des quotas d'exportation.

Bien que de nombreux d'économistes déplorent l'imposition de droits de douane punitifs américains sur des centaines de milliards d'importations, Donald Trump a une nouvelle fois défendu cette stratégie, soulignant que Washington encaissait «des sommes énormes» grâce à eux.

Il a en outre estimé que grâce aux tarifs douaniers, les marchés financiers américains étaient «en hausse de 21%».

Pour autant, les entreprises ont ralenti leurs investissements aux États-Unis et les agriculteurs américains, qui ont subi les représailles notamment de la Chine, sont à la peine.

Et l'acier américain a continué à souffrir, l'emploi dans le secteur sidérurgique poursuivant son déclin tandis que la production a été arrêtée dans certains hauts fourneaux le mois dernier.

Le Brésil et l'Argentine ont, eux, bénéficié en partie de la guerre commerciale sino-américaine en se substituant aux États-Unis pour les exportations de soja et d'autres produits agricoles.

Le président américain a également demandé à la Réserve fédérale d'«agir en conséquence» pour que les autres pays «ne profitent plus de la force de notre dollar en dévaluant leur monnaie».

En 2018, les États-Unis ont importé plus de 3,98 millions de tonnes d'acier en provenance du Brésil, représentant une valeur de près de 2,5 milliards de dollars, selon les données du département américain au Commerce.

La semaine dernière, la monnaie brésilienne a franchi pour la première fois le seuil des 4,27 réais pour un dollar, nouveau record historique de baisse.

Une dépréciation due, selon les analystes, non pas à une quelconque intervention de Brasilia, mais aux incertitudes sur le plan international et à des doutes sur la capacité du gouvernement Bolsonaro à mettre en place ses réformes d'austérité.

S'agissant de l'Argentine, Donald Trump a passé sous silence la situation économique.

Le pays, en récession depuis 20 mois, a vu la valeur de sa monnaie, le peso, s'effondrer.

Selon le Fonds monétaire international (FMI), l'activité économique devrait se contracter de 3,1% cette année. Et l'inflation devrait atteindre 50% d'ici la fin de l'année, selon plusieurs organismes internationaux.

L'an passé, les États-Unis ont importé 168.922 tonnes d'acier en provenance d'Argentine, représentant 220,25 millions de dollars, selon les données de l'administration américaine.

Jose Urtubey, porte-parole du puissant lobby industriel argentin l'UIA, a estimé que les producteurs du pays allaient immédiatement être affectés par les droits de douane supplémentaires.

Il a aussi souligné qu'il était de l'intérêt des États-Unis, grand importateur d'acier et d'aluminium, de maintenir «des tarifs les plus bas» possibles.