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Guerre de mots entre le ministre Fitzgibbon et Pierre Karl Péladeau

Vincent Larin | Agence QMI

Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, se demande qui est le véritable «intimidateur» après s’être fait accuser par Pierre Karl Péladeau de tordre le bras à Desjardins pour l’obliger à financer la coopérative des employés de Groupe Capitales Médias (CGM).

 
 

«Je vais poser une question. Je vais jouer au journaliste quelques secondes, mais je ne répondrai pas à la question: «qui est l’intimidateur, est-ce le ministère de l’Économie ou M. Péladeau», s’est interrogé Pierre Fitzgibbon en marge d’une annonce à Québec, mardi.

Dimanche, le président et chef de la direction de Québecor, Pierre Karl Péladeau, a invité le premier ministre François Legault à cesser «d'intimider» Desjardins dans le dossier du sauvetage des quotidiens de GCM et à reconsidérer l’offre de Québecor.

«Le premier ministre du Québec et son ministre de l’Économie et de l’Innovation [...] se sont récemment lancés dans une opération de tordage de bras et d’intimidation envers Desjardins en les menaçant de revoir les crédits d’impôt auxquels Capital régional et coopératif Desjardins (CRCD) a droit», a écrit M. Péladeau dans un long message publié sur son compte Facebook.

Cette déclaration survenait après un avertissement lancé jeudi dernier par le premier ministre, François Legault, qui avait prévenu qu’il pourrait «réexaminer» les avantages fiscaux dont bénéficie Capital régional et coopératif Desjardins.

Cette composante du Mouvement Desjardins a annoncé qu’elle réévaluerait sa décision de ne pas financer le projet de coopératives des employés de GCM après que Pierre Fitzgibbon ait déclaré, mardi, que le gouvernement était «ouvert à bonifier sa participation pour atténuer les risques».

Rappelons que Québec a déjà englouti 15 millions $ dans GCM.

Or, selon le ministre, le gouvernement ne mettra pas en place des mesures punitives pour forcer Desjardins à investir dans la coopérative des employés de CGM. «Ça n’arrivera pas», a-t-il soutenu mardi.

M. Fitzgibbon s’est d’ailleurs réjoui d’une rencontre tenue lundi entre CGM et Capital régional et coopératif Desjardins, en ajoutant vouloir «laisser le temps suivre son cours».

«Mon objectif, c’était d’avoir les bons intervenants à la table et d’avoir la possibilité que Stéphane Lavallée (président par intérim de CGM) ajuste son plan [d’affaires] au besoin. Moi, je veux voir GCM survivre avec une coop d’employée», a-t-il expliqué.

Jeudi, au salon bleu, les députés ont voté unanimement en faveur d’une motion présentée par la solidaire Catherine Dorion pour exprimer leur soutien envers le modèle coopératif pour relancer GCM.

À la demande du co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, une copie de cette motion a été envoyée à Pierre Karl Péladeau.

Plus tôt en journée, lors d’une mêlée de presse, le député solidaire avait dit que la question posée par Pierre Fitzgibbon était «bonne», tout en défendant le droit des politiciens de se prononcer sur des questions d’intérêt.

«La raison pour laquelle M. Péladeau s’implique dans cette affaire-là, c’est parce qu’il a un intérêt mercantile, il a un intérêt commercial à encore plus concentrer la presse au Québec», a affirmé Gabriel Nadeau-Dubois.

Le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, a quant à lui préféré éviter de lancer la pierre à son ancien chef, Pierre Karl Péladeau, tout en s'interrogeant sur l’attitude du gouvernement Legault à l’endroit de Desjardins.

«La façon de fonctionner du gouvernement Legault, ce genre de choses peut se dire en privé, d’une façon plus diplomatique. [Mais présentement], je trouve ça fort de café», a-t-il indiqué.

 

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