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L'avocate de Paul Mukendi veut une contre-expertise du Doc Mailloux

Kathleen Frenette | Journal de Québec

Nullement satisfaite du rapport présentenciel produit par la Cour, l’avocate du pasteur Paul Mukendi demande maintenant à ce que son client puisse subir une contre-expertise menée par nul autre que le Doc Mailloux.

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C’est dans une toute petite salle du troisième étage du palais de justice de Québec, qui avait peine à contenir une vingtaine de sièges, que les proches de la victime de Mukendi et les fidèles de ce dernier ont pris place pour les observations sur la peine.

D’entrée de jeu, Me Dominique Bertrand qui représente celui qui se surnomme «l’apôtre de la ville de Québec» a fait savoir qu’elle contestait le rapport prépénal produit... à sa demande.

Elle désire maintenant que son client puisse rencontrer le psychiatre Pierre Mailloux qui devra, sur ordre du juge Jean-François Émond, remettre son expertise d’ici le 18 décembre prochain.

«Dans son rapport, le travailleur social parle de la violence employée par mon client à des fins de contrôle et de narcissisme. La manipulation fait partie du comportement humain, ce qui est du domaine de la psychiatrie», a-t-elle plaidé.

«Étant donné la peine exemplaire demandée par la poursuite (...) j’autorise la défense à produire un rapport au seul fin de se prononcer sur les affirmations du travailleur social qui porterait sur les conditions médicales et psychologiques de l’accusé», a tranché le magistrat.

Il a également ajouté que le Tribunal se réservait « la possibilité d’apprécier la recevabilité des conclusions de l’expert retenu».

Fierté

La victime de Mukendi qui a subi les assauts du pasteur de Vanier entre 2002 et 2016 a, par la suite, pris la parole pour exprimer les conséquences que les gestes de l’homme avaient eues sur sa vie.

«Je suis fière de moi et fière de tout ce que j’ai réussi à accomplir en peu de temps. Je ne rejette pas ma foi, mais je refuse que quiconque vienne me représenter Dieu pour en tirer profit», a dit la femme d’une voix posée.

«Je rejette toute forme de sentiment de culpabilité en lien avec la secte. Je me promets de ne plus jamais laisser personne faire de moi ce que bon lui semblera. Je sors de cette expérience transformée. La vie est trop courte pour vivre les rêves de quelqu’un d’autre. Un désir ne change rien, mais une décision change tout», a-t-elle ajouté avant de reprendre sa place dans la salle bondée. 

Demande de rejet de la déclaration

La défense a toutefois demandé à ce que la déclaration de la victime soit rejetée par le Tribunal puisque, selon Me Bertrand, la jeune femme n’a pas rédigé seule sa lettre et que les mots s’y trouvant ne peuvent émerger d’elle.

«Je vais vous démontrer que son vocabulaire n’est pas celui que l’on retrouve dans la lettre», a précisé l’avocate.

Les observations sur la peine ont été ajournées pour la période des fêtes et reprendront en janvier. 

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