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Marché de l’emploi: le Québec surpasse l’Ontario

Agence QMI

Le marché du travail tourne à plein régime au Québec, mais le manque de main-d’œuvre est un défi persistant, indique l’Institut du Québec (IDQ) dans une étude comparative des marchés du travail du Québec et de l’Ontario.

En analysant près de 30 indicateurs de performance, d'inclusivité et d'adéquation, l'étude note deux tendances sur l'emploi au Québec: les progrès dans l'intégration de certains groupes au marché du travail, et le défi du manque de main-d'œuvre et de la productivité.

L’étude montre que le Québec est champion du taux d'emploi des 25-54 ans.

«Alors qu'il a longtemps traîné de la patte en cette matière, le Québec surpasse aujourd'hui l'Ontario, notamment en raison de la participation significativement accrue des jeunes et des femmes au marché du travail. Non seulement le Québec a effectué un virage plus important que l'Ontario par rapport à sa propre tendance historique, mais la croissance qu'il a connue au cours des trois dernières années accentue son avance sur la province voisine», note l’IDQ.

Le Québec s'est aussi amélioré en matière d'intégration des immigrants au marché du travail. Même si l'Ontario performe encore mieux sur cette question, le taux de chômage des immigrants d'ici a reculé au cours des trois dernières années.

«Peu importe le groupe concerné - jeunes, femmes, immigrants, travailleurs expérimentés - le Québec a enregistré une forte croissance de leur taux d'emploi au cours des dernières années, a précisé Jérôme Lussier, directeur associé à l'IDQ, dans un communiqué. En ce qui concerne les femmes et les jeunes travailleurs, le Québec a même dépassé l'Ontario et continue de creuser son avance.»

Moins de travailleurs et retard de productivité

En outre, le manque de travailleurs et une faible productivité «constituent une menace pour l'avenir économique du Québec», soulignent les auteurs de l’étude.

L’IDQ note que la population en âge de travailler augmente de façon beaucoup moins marquée ici qu'en Ontario. De plus, la population plus jeune est répartie beaucoup plus équitablement sur l'ensemble du territoire ontarien qu'au Québec, où elle est davantage concentrée dans la métropole.

«Le déclin du bassin de travailleurs et la faible productivité ont de quoi inquiéter, a indiqué M. Lussier. La population des 15-64 ans décroît au Québec depuis quelques années - une première en 40 ans - alors qu'elle augmente en Ontario. Et puisque la productivité du travail y progresse aussi plus rapidement, l'Ontario détient donc un triple avantage: un bassin de travailleurs en croissance, mieux réparti géographiquement, et des entreprises plus productives.»

Selon l’IDQ, le Québec comptait 140 000 postes vacants au second trimestre de 2019, soit le double comparativement à il y a quatre ans.

«Le facteur démographique apparaît ainsi comme une limite importante pour la prospérité du Québec. À défaut d'inverser cette tendance, la croissance économique et la hausse du niveau de vie au Québec devront donc davantage reposer sur sa capacité à réaliser des gains importants de productivité», estime l’IDQ.