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Mort troublante en CHSLD: un agent de sécurité qui connaissait la victime témoigne

Charel Traversy | TVA Nouvelles

Guy Bastien, cet octogénaire souffrant d'Alzheimer qui a perdu la vie à la suite d'une chute survenue lors d'une altercation avec un gardien de sécurité à la résidence Roland-Leclerc, n'était pas agressif, clame un agent de sécurité qui a déjà eu à le surveiller. 

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«Il se rendait dans les chambres des autres résidents en pensant que sa femme était couchée. C'était la seule et unique raison pour laquelle on devait le surveiller», a expliqué cet agent, qui s'est confié mardi à TVA Nouvelles sous le couvert de l'anonymat. 

Celui qui a plus de 15 ans d'expérience dans le domaine ne comprend pas pourquoi l'agent de sécurité devant la chambre de Guy Bastien n'a pas vu son état de santé se détériorer vendredi soir. Il affirme d'ailleurs que ce n'est pas tous ses collègues qui ont la formation adéquate pour travailler auprès de personnes qui présentent des troubles cognitifs. Pourtant, ces résidents représentent 80% de la clientèle en CHSLD. 

«Il faut être formé pour faire ce type d’interventions et comprendre ces gens-là. Dans le milieu, tout le monde se couvre. C'est la loi du silence, c'est l'omerta... tout le monde se protège dans les établissements de santé», a-t-il soutenu. 

La ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, se dit elle aussi préoccupée par la formation dans les CHSLD. «Ça demande de la formation. D'ailleurs, dans tous les CISSS et les CIUSSS, ont forment les personnes, entre autres pour les chutes. Ça demande une attention de tous les instants quand on travaille dans ces milieux-là», a-t-elle mentionné. 

De son côté, le syndicat du personnel paratechnique se demande pour quelle raison des contrats de surveillance et de gardiennage sont offerts à des firmes privées, alors que des agents d’intervention à l'interne ont la formation nécessaire pour intervenir auprès des patients 

Plusieurs enquêtes ont été lancées, notamment par la police, le coroner et le CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec, pour tenter de mieux comprendre ce qui s'est produit vendredi dernier, ainsi que pour déterminer si les protocoles ont bien été respectés après la chute de M. Bastien.