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Des allergènes dans les crèmes et onguents à base de cortisone

Dominique Lelièvre | Journal de Québec

beautiful woman hands with cream

dusk - stock.adobe.com

Pas moins des trois quarts des crèmes et onguents à base de cortisone qui sont vendus sous prescription contiennent au moins un ingrédient réputé pour être allergène et sont donc susceptibles d’aggraver les problèmes de peau de certains patients intolérants à ces composants, au lieu de les régler.  

Une équipe de la Faculté de médecine de l’Université Laval a analysé 140 corticostéroïdes topiques prescrits contre les dermatites au Canada. Ces produits sont largement prescrits en première ligne pour un éventail de maladies de la peau.  

76% des produits analysés contenaient au moins un ingrédient au fort potentiel allergène et 43% en contenaient deux ou plus.  

«Je savais qu'on en retrouverait, mais pas autant», reconnaît la responsable de l’étude et dermatologue, la Dre Marie-Claude Houle.  

Mal compris  

Le composant allergène le plus courant est le propylène glycol (43%). Il sert à faciliter l’absorption de la molécule active dans la peau. Les autres ingrédients allergènes observés sont des agents de conservation.  

Les personnes allergiques à l’un ou l’autre de ces ingrédients risquent de ne pas répondre au traitement, ou pire, leur problème de peau risque d'être amplifié.  

Une minorité de patients réagira mal à ce genre de médicaments, mais la facilité avec laquelle on les prescrit fait en sorte qu’il est tout de même «assez fréquent» de rencontrer des personnes allergiques, selon la Dre Houle, qui est aussi codirectrice du programme de résidence en dermatologie de l’Université Laval.  

Faire mieux  

C’est sans compter que, pour bien des consommateurs, et même pour beaucoup de médecins qui ne sont pas spécialisés en dermatologie, la présence d’allergènes dans les corticostéroïdes demeure mal connue.  

La chercheuse constate qu’il est très difficile pour les compagnies pharmaceutiques d’éviter les composés allergènes. Toutefois, certaines entreprises y parviennent et il est donc «possible de faire mieux».  

Elle ajoute que de façon étonnante, la liste des ingrédients était incomplète sur les emballages de plusieurs crèmes et onguents étudiés.