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La CAQ accuse le PLQ d'«obstruction systématique»

Charles Lecavalier | Journal de Québec

Simon Clark/Agence QMI

François Legault n’exclut pas le bâillon pour forcer l’adoption d’une loi sur les tarifs d’électricité, alors qu’il dénonce «l’obstruction systématique» du PLQ. Selon la CAQ, le temps d’étude des projets de loi a bondi de 43 % depuis que les libéraux sont dans l’opposition.  

Le leader Simon Jolin-Barrette a plongé dans les archives de l’Assemblée pour comparer les travaux parlementaires sous l’administration Couillard à celle du gouvernement Legault. Le constat fait par la CAQ : «il y a eu une hausse de 43 % du temps passé en étude détaillée et huit projets de loi sont toujours à l’étude. Cette moyenne est donc susceptible d’augmenter significativement», peut-on lire dans une note interne.  

En effet, sous les libéraux de Philippe Couillard, les élus de l’Assemblée nationale ont adopté 124 projets de loi et ont siégé près de 2375 h en étude détaillée, pour une moyenne de 19 h par pièce législative.  

Sous la CAQ, 24 lois ont été adoptées, mais le temps en étude détaillée est à 658 h pour une moyenne de 27h25 par loi.  

Le temps passé en commission est une marotte du premier ministre. Il a déjà évoqué par le passé son désir de réformer le Parlement pour limiter l’étude des pièces législatives.  

Le PLQ n’est plus au pouvoir, dit Legault  

Pour François Legault, c’est la démonstration que les libéraux n’ont pas entendu les Québécois. «Je pense que les libéraux l’ont vu [avec les résultats de l’élection partielle dans Jean-Talon]. Ils doivent respecter le choix qui a été fait par les Québécois et arrêter de penser qu’ils sont au pouvoir», a-t-il déploré.  

Quant au projet de loi 34 sur les tarifs d’électricité, «les libéraux ont dit ce qu’ils avaient à dire», a tonné le premier ministre. «Tous les arguments ont été dits. Ils peuvent voter contre le projet de loi. Mais si on veut que le gel s’applique au 1er janvier, il doit être adopté avant le premier janvier», a dit M. Legault.  

Le projet de loi 34 a été rédigé pour calmer la grogne des citoyens qui exigeaient du gouvernement Legault un remboursement des trop-perçus. Il redonnera 500 M$ aux consommateurs résidentiels, commerciaux et industriels sur la première facture de 2020, gèlera les tarifs durant cette année, puis va fixer par la suite les tarifs d’électricité à l’inflation.  

Les trois partis d’opposition sont contre la loi, tout comme la grande majorité des experts qui ont défilé en commission parlementaire. Des groupes de protection des consommateurs estiment que la loi risque de faire payer les Québécois plus chers leur électricité.