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La cour redonne un droit de visite à un père agresseur

Michaël Nguyen | Le Journal de Montréal

Le père pédophile ne peut être idenifié, car il permettrait d’identifier la jeune victime. Les décisions ont été prises au palais de justice de Montréal.

Photo d’archives

Le père pédophile ne peut être idenifié, car il permettrait d’identifier la jeune victime. Les décisions ont été prises au palais de justice de Montréal.

Un père de famille qui avait réussi à obtenir des droits de visite de son garçon même après en avoir abusé sexuellement a de nouveau été arrêté, cette fois pour de la production de pornographie juvénile et pour avoir encouragé des gens à abuser d’enfants.   

« Mes enfants devraient parler de Pokémon, mais à la place, j’ai dû avoir une conversation avec mon fils, qui a montré à ses amis ce que son père lui a fait », avait témoigné la mère du garçon de 5 ans lors d’une audience à la cour, peu avant que des tribunaux forcent l’enfant à reprendre contact avec son père.   

Toute l’affaire a commencé en 2015, quand le père de 38 ans a été arrêté pour des contacts sexuels sur son propre fils. Le résident de Dorval, que l’on ne peut identifier afin de protéger l’identité de sa victime, avait profité d’un moment où il était seul avec son fils pour s’adonner à divers actes sexuels sur lui.   

« Plus l’enfant est jeune, plus il doit être protégé », avait affirmé la juge Marie Chantal Doucet en condamnant le père à 22 mois de prison.   

Droits de visite  

Sauf qu’une fois la peine purgée, plusieurs magistrats ont statué que le père avait le droit de revoir l’enfant, malgré les démarches de la mère pour empêcher cela.   

 « C’est comme demander à la victime d’un viol de passer du temps avec son violeur », a confié au Journal une source au fait du dossier.   

Dans une décision de la Cour d’appel, il est indiqué qu’il y a d’abord eu le juge Jean Gravel de la Chambre de la jeunesse. Ce dernier avait refusé des droits de visite durant l’incarcération, mais avait permis qu’ils reprennent une fois le pédophile libre.   

Puis, en octobre 2018, la juge Nicole M. Gibeau de la Cour supérieure a maintenu les droits de visite sous supervision de la DPJ.   

La juge Geneviève Marcotte de la Cour d’appel a ensuite confirmé le jugement, notant toutefois que, selon des rapports de la DPJ, l’enfant montrait un « inconfort » lors des premières visites, mais que « la situation semble s’être améliorée », au point où l’enfant aurait même « semblé heureux » de rendre visite à son agresseur.   

Mais si le père avait juré lors de son procès criminel qu’il regrettait ses actes et que des experts ont affirmé que les risques de récidive étaient faibles, tout porte à croire qu’il ne s’est pas calmé, loin de là.   

Porno juvénile  

Dès sa sortie de prison et pendant toute la période où il avait les droits de visite supervisée de son garçon, il aurait accédé, possédé, produit et distribué de la pornographie juvénile, selon des documents rendus publics à la suite de son arrestation la semaine passée.   

« Il a conseillé à plusieurs personnes [...] de commettre des crimes sexuels à l’égard d’enfants », indique également le document.   

L’enquête policière a aussi pu permettre le dépôt d’accusations de contacts sexuels sur une enfant, entre 2013 et 2014.   

La mère de la victime, de son côté, attend toujours de voir si le tribunal acceptera un jour la déchéance parentale du père agresseur.        

  •  La Couronne s’était opposée à toute libération. Le père tentera demain d’être remis en liberté sous caution.