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Une «garde partagée» à oublier?

François-David Rouleau

Du haut de son trône à St. Petersburg, le maire Rick Kriseman a donné un dur coup de hache dans le projet de garde partagée des Rays entre Tampa et Montréal. Ce contrecoup peut-il favoriser stratégiquement la métropole du Québec?

Kriseman et le propriétaire des Rays, Stuart Sternberg, étaient engagés dans un véritable bras de fer politique en Floride quant à l’avenir de l’équipe de baseball.

En négociations depuis plusieurs semaines, Sternberg avait officiellement demandé au conseil de ville la permission d’explorer le projet de garde avec Montréal. Mais voilà que mercredi, par voie de communiqué officiel, le maire a déclaré que les négos n’iraient pas plus loin. L’équipe devrait rester au Tropicana Field jusqu’à la fin de son bail, en 2027.

«Les deux parties ont convenu que la meilleure voie à suivre est de respecter l’accord en vigueur, étant entendu que l’accord permet à l’organisation des Rays d’explorer les opportunités après la saison 2027, tant à St. Petersburg qu’ailleurs.»

«Avec cet accord en vigueur, si les Rays désirent continuer à explorer leur concept en partageant la franchise avec Montréal, ils devront le faire en 2028», a-t-il écrit en ajoutant que la ville était prête à écouter un projet de stade uniquement si l’équipe demeurait à St. Pete.

À cet égard, Kriseman a également écrit qu’en l’absence de discussion sur la construction d’un stade, notamment dans le comté voisin de Hillsborough, il réévaluerait le développement du site selon les engagements publics. Jamais il n’avancerait des deniers publics si la formation devait jouer la moitié de la saison en Floride et l’autre ailleurs. De l’autre côté de la baie, le projet de stade avoisinant les 900 millions $ dans Ybor City, un quartier du nord-est de Tampa, est mort dans l’œuf il y a un an. Et depuis la mi-octobre, la firme Shumaker Advisors, lobbyiste en faveur du stade, n’a pas renouvelé ses enregistrements auprès des paliers gouvernementaux.

Peu probable

Plus tôt cet automne, Sternberg avait bien mentionné qu’en aucun cas, il ne considérait présenter 81 matchs à St. Petersburg, même avec la construction d’un nouveau stade. Des propos ensuite répétés par le président de l’équipe, Brian Auld, mardi dans le Tampa Bay Times.

«Comme l’a dit notre propriétaire lors de l’annonce du projet de garde partagée en juin, le concept d’une saison complète à Tampa Bay en 2028 est peu probable.»

Quelques heures après l’annonce du maire, Sternberg a évidemment émis ses commentaires sur la nouvelle de la journée.

«Il faut clarifier deux points. D’abord, nous ne sommes pas d’accord que la meilleure voie est de respecter l’accord en vigueur jusqu’en 2027, a-t-il signifié par communiqué. Ensuite, nous avons demandé la permission d’explorer le concept avec St. Petersburg et Montréal, comme celui de Tampa et Montréal.»

Option

Voilà qui porte à réflexion. En juin, lorsqu’il avait présenté son projet, Sternberg avait martelé que ce n’était aucunement le point de départ d’une relocalisation.

De retour dans un cul-de-sac, serait-il tenté de briser l’entente le liant avec la municipalité ? Selon des informations qui circulent, des pénalités de 3 millions par année jusqu’en 2023 et ensuite 2 millions par année jusqu’en 2027 seraient appliquées si le club devait quitter le Tropicana Field avant la fin du contrat. La valeur restante au bail serait aussi à débourser.

À Montréal, le groupe piloté par Stephen Bronfman garde le cap.

«Nous demeurons résolument engagés à l’égard du concept des villes sœurs avec les Rays de Tampa Bay et de sa réalisation dans les meilleurs délais. Notre groupe continue d’avoir un vif intérêt pour le concept innovant proposé. Nous ne ferons aucun autre commentaire pour le moment», a-t-il signifié par communiqué en soirée.

Le Groupe Baseball Montréal attend par ailleurs le rapport de l’Office de consultation publique de Montréal, qui doit rendre sa décision sur les recommandations du projet dans le secteur Bridge-Bonaventure en janvier.