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Pauvreté: «Aller au comptoir alimentaire, ce n’est pas un projet de vie»

Jean-Philippe Daoust | Agence QMI

Personne ne se lève un matin en se réjouissant de visiter une banque alimentaire. C’est ce qu’a rappelé mercredi matin le directeur général de Moisson Montréal, Richard D. Daneau, qui souhaite abattre les préjugés entourant l’aide alimentaire.  

«Aller au comptoir alimentaire, ce n’est pas un projet de vie», a-t-il insisté en entrevue à l’émission Dutrizac sur QUB radio.      

«Il n’y a personne qui se lève un matin et qui se dit: "Youpi!, je vais aller au comptoir alimentaire"», a-t-il ajouté.      

Alors que les prestataires de l’aide sociale comptent pour la moitié des gens fréquentant les banques alimentaires, les personnes âgées et les personnes seules sont également de plus en plus nombreuses à s’y tourner.      

«Il y a beaucoup de préjugés à l’égard des gens qui vont dans les comptoirs alimentaires, a reconnu M. Daneau. Mais quand on est rendu à 74 ans et qu’on a des revenus de retraite insuffisants, c’est un peu embêtant de dire que ce sont des paresseux.»      

D’ailleurs, alors que l’économie roule à plein régime, les demandes d’aide alimentaire ont connu une baisse de 10 % à Montréal, selon le dernier recensement de l’organisme. D'après M. Daneau, cela témoigne de la volonté des gens de se sortir de la pauvreté.      

«Ça démontre que ce n’est pas un projet d’aller au comptoir alimentaire. Les gens, quand ils peuvent s’en sortir, ils s’en sortent et ils sont bien contents.»      

565 000 demandes d’aide   

Malgré une légère baisse des demandes d’aide alimentaire, les besoins demeurent criants, a insisté M. Daneau, à la veille de La grande guignolée des médias, qui a lieu jeudi.      

«Au mois de mars cette année, il y a environ 565 000 demandes d’aide alimentaire qui ont été faites à Montréal», a affirmé le directeur général de Moisson Montréal, précisant que 30 % à 35 % de ces demandes concernaient des enfants.      

«Avec 5,5 millions $ l’année passée pour opérer la banque alimentaire, nous avons redonné 85 millions $ de denrées», a dit M. Daneau.