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Projet de loi 40: au tour des parents de dénoncer la pression provenant des élus scolaires

Daphnée Dion-Viens | Journal de Montréal

Photo d'archives, Agence QMI

Après les directions d’école, c’est au tour des parents de dénoncer la «pression» exercée par des élus scolaires en lien avec les débats entourant le projet de loi 40, qui prévoit la disparition des élections scolaires.  

«Propagande», «manque de respect», «manipulation»: Kévin Roy, président de la Fédération des comités de parents du Québec, ne mâche pas ses mots pour décrire la «pression» que des parents subissent afin qu’ils se prononcent contre le projet de loi 40.  

La Fédération a été fréquemment interpellée à ce sujet au cours des dernières semaines, en particulier au cours des derniers jours. «Ce ne sont pas des incidents isolés. Ça semble être généralisé», affirme-t-il.  

Le Journal s’est entretenu hier avec quatre parents impliqués au sein de différentes commissions scolaires qui ont rapporté des situations semblables d’une région à l’autre, à quelques détails près.  

Annie Goudreau, membre du comité de parents de la commission scolaire des Draveurs, en Outaouais, a raconté comment le président de sa commission scolaire « s’était invité » à leur dernière réunion afin de leur faire adopter séance tenante une résolution pour s’opposer au projet de loi 40.  

La résolution n’a été présentée qu’oralement aux membres, puisqu’une seule copie était disponible. « On s’est fait dire que c’était urgent, on nous a mis beaucoup de pression, raconte Mme Goudreau. C’était totalement inacceptable comme façon de faire. On s’est senti piégé.»  

D’autres parents ont aussi raconté que des présidents de commissions scolaires avaient tenté de faire adopter des résolutions semblables, alors que leur participation à la rencontre du comité de parents ne devait être qu’à titre informatif.  

«C’est à se demander s’il n’y a pas un mot d’ordre», lance Kévin Roy.  

Certains véhiculeraient aussi des faussetés, en affirmant notamment qu’une fois le projet de loi 40 adopté, il n’y aurait plus de bassins d’alimentation dans les écoles ou que les nouveaux centres de services n’auraient plus aucun pouvoir.  

Du côté de la Fédération des commissions scolaires du Québec, on s’est contenté d’indiquer que l’organisation ne donne «jamais de mots d’ordre» auprès de ses membres, en nous invitant à contacter les commissions scolaires visées par ces allégations.  

Il n’a notamment pas été possible mercredi d’obtenir de commentaires ou de réaction de la part de la commission scolaire des Draveurs.  

À la Fédération des comités de parents, on ne va toutefois pas jusqu’à affirmer que cette pression ait poussé des parents à adopter des positions contre leur gré.  

Lundi, Le Devoir rapportait que des comités de parents font circuler une lettre demandant au ministre Jean-François Roberge de mettre la pédale à cette réforme.  

M. Roy reconnaît qu’il y a des divergences au sein de ses membres. Selon une consultation menée en octobre, 70% des comités de parents sont favorables à la transformation du conseil des commissaires en conseil d’administration, ce qui implique la disparition des élections scolaires.  

«Chaque comité de parents a le droit à sa propre prise de position dans ce dossier», affirme Kévin Roy.