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Un violeur dont on a perdu la trace écope de 42 mois de détention

Michael Nguyen | Journal de Montréal

Un prédateur sexuel qui a violé une femme intoxiquée à la sortie des bars sans se douter qu’il était filmé par une caméra de surveillance a écopé mercredi de 42 mois de pénitencier, même s’il s’est volatilisé dans la nature.

«Profiter de la vulnérabilité d’une victime intoxiquée, que ce soit une femme ou un homme [...] doit être dénoncé», a lancé la juge Mélanie Hébert avant de condamner Mohammed Allali, au palais de justice de Montréal.

Allali, 26 ans, brillait toutefois par son absence mercredi, puisque, depuis le verdict de culpabilité pour l’agression sexuelle survenue en mars 2017, le violeur a pris la poudre d’escampette.

Le soir du viol, la victime dans la trentaine était sortie dans un bar du centre-ville de Montréal. Et, selon une de ses amies, la femme avait consommé suffisamment d’alcool pour «perdre la carte».

C’est à la fermeture des bars qu’Allali est entré en scène. Constatant l’état d’ébriété avancé de la femme, il l’a suivie jusque chez elle. Et une fois seul avec elle dans le hall d’entrée de l’immeuble où elle réside, il n’a pas hésité à la violer.

«L’accusé ne pouvait pas ignorer à quel point elle était intoxiquée, a expliqué la procureure de la Couronne Amélie Rivard. Il cherchait une femme pour avoir des rapports sexuels, elle était dans une sorte de coma qui donnait l’impression qu’elle était morte.»

Manteau volé

Une fois ses bas instincts assouvis, Allali a traîné la victime jusque chez elle, sans que celle-ci réalise ce qui lui était arrivé. La femme s’est réveillée le lendemain matin, dans son lit, aux côtés de son conjoint.

C’est à ce moment qu’elle a réalisé que son manteau avait été volé. Inquiète, elle a demandé aux responsables de l’immeuble de visionner les bandes de surveillance afin de trouver le voleur. 

C’est à ce moment qu’elle a réalisé ce qui lui était réellement arrivé.

Allali, qui croyait avoir agi en toute impunité, a toutefois été retracé grâce à une amie de la victime. Car peu avant le viol, il avait tenté de draguer la copine et lui avait même donné son numéro de téléphone.

Les enquêteurs ont ensuite pu déterminer que le soir de l’agression sexuelle, Allali était présent dans la zone cellulaire.

Consentement

Lors du procès, le criminel avait toutefois tenté de faire croire que sa victime était consentante. Il avait inventé une histoire de drague puis de sexe torride montée de toute pièce, mais il n’a pas réussi à berner la juge.

Sauf que dès qu’il a été déclaré coupable le mois dernier, il a pris la fuite. Cela n’a pas empêché la magistrate de le condamner à 42 mois d’incarcération.

Allali commencera à purger sa peine dès qu’il sera arrêté. Et une fois sa peine purgée, il sera automatiquement expulsé du pays, puisque son visa de travail sera expiré.