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Lab-École: Roberge reproche à son prédécesseur d’avoir été négligent

Vincent Larin | Le Journal de Montréal

Photo Simon Clark

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, dénonce «l’incurie» des libéraux dans le dossier de Lab-École, reprochant à son prédécesseur, Sébastien Proulx, d’avoir favorisé certains projets malgré l’avis de ses fonctionnaires.

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«Une chose est certaine, des familles, des enfants ont payé le prix. Pour moi, c’est de l’incurie, c’est une mauvaise gouvernance », a déclaré le ministre caquiste, en mêlée de presse à l’Assemblée nationale, jeudi.

Il commentait ainsi les plus récentes révélations de notre Bureau d’enquête: des Lab-École ont été imposés par l’ancien ministre libéral de l’Éducation, Sébastien Proulx, au détriment de six projets pourtant jugés incontournables par ses propres fonctionnaires. À cause de cette façon de faire, une école a été forcée à installer des locaux modulaires sans toilettes ni eau courante.

L’ex-ministre libéral a pu agir ainsi grâce à un pouvoir extraordinaire que son gouvernement lui avait accordé pour faire passer des projets de construction non recommandés, dont trois Lab-École, un projet pilote qui doit redéfinir les écoles du futur. Ces Lab-Écoles sont passés devant des établissements qui débordent ou qui avaient besoin de travaux urgents.

Bien qu’il n’exclue pas d’utiliser ce pouvoir à son tour «pour prévoir, pour prévenir les demandes qui s’en viennent l’année d’après», Jean-François Roberge s’est engagé à d’abord mettre la priorité sur les projets recommandés par les fonctionnaires du ministère de l’Éducation.

«Oui c’est le ministre qui doit trancher ultimement, mais on doit se fier aux recommandations des fonctionnaires. [...] quand on le fait, on doit le justifier, quand on ne le fait pas, on doit justifier», a-t-il expliqué.

De son côté, le Parti libéral a fait valoir l’importance de la «liberté ministérielle» pour défendre le choix de Sébastien Proulx, qui a démissionné comme député en août dernier.

Le rôle d’un ministre n’est pas de faire du «rubber stamping», a affirmé le chef par intérim du parti, Pierre Arcand, tout en convenant de l’importance d’écouter les fonctionnaires.

«Un ministre est là pour essayer d'orienter son ministère. Alors, moi, je pense que c'est un équilibre entre les deux, mais l'expérience que j'ai eue, c'est qu'en très, très grande majorité les recommandations des fonctionnaires sont souvent suivies et toujours suivies», a-t-il précisé à l’occasion du bilan de fin de session de son parti.