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Le juge refuse de lui enlever l’étiquette d'accusé à haut risque

Kathleen Frenette | Journal de Québec

Si l’accusé à haut risque Sylvain Fournier se retrouvait «dans un contexte extérieur au milieu hospitalier», nul ne sait comment il réagirait et c’est, entre autres, pour cette raison que le juge Louis Dionne a refusé d’enlever l’étiquette particulière collée au délinquant depuis 2016.

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En septembre de cette année-là, Sylvain Fournier a été trouvé non criminellement responsable du meurtre au premier degré de Joachim Aracil, 82 ans et de tentative de meurtre sur sa conjointe, Arlette, 76 ans.

Du même souffle, il était déclaré «accusé à haut risque», une mesure qui stipule que la Cour doit étudier son cas si, un jour, son état mental s’améliore et que les autorités l’estiment en mesure de réintégrer la société.

Révision annuelle

Le 24 septembre dernier, le dossier de Fournier a fait l’objet d’une révision annuelle devant le Tribunal administratif du Québec et la psychiatre légiste Marie-Josée Beauchemin a recommandé un changement dans le statut de l’accusé.

Elle espérait que ce dernier, qui souffre d’une schizophrénie depuis de nombreuses années, et qui est présentement interné vingt-quatre heures sur vingt-quatre, puisse bénéficier « de sorties accompagnées d’un membre du personnel».

Dans sa décision, le juge Dionne a rappelé qu’au moment « des évènements tragiques de 2015, Monsieur Fournier disait avoir reconnu en Joachim Aracil un membre influent de la famille Disney lui ayant volé ses scénarios de films et ses films».

En 2018, ce dernier était toujours aux prises avec «des idées délirantes concernant les extraterrestres» et bien qu’en 2019, une «diminution des voix a été notée», le magistrat a souligné que, selon la preuve, «c’est Dieu» qui éloignait l’homme des mauvaises voix.

Psychopathologie résistante

Dans sa décision, le juge Dionne a retenu que Monsieur Fournier souffre toujours d’une psychopathologie majeure résistante à la médication et qu’il «est trop tôt pour lever la déclaration d’accusé à haut risque sans évaluation du risque de danger pour la sécurité d’autrui».

Il a également ajouté qu’il était convaincu qu’il y avait «toujours une probabilité marquée que l’accusé usera de violence pouvant mettre en danger la vie ou la sécurité d’autrui s’il devait se retrouver seul, à l’extérieur de l’unité où il est détenu».