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Le ministre Fitzgibbon prêt à se défendre devant les tribunaux

Marc-André Gagnon et TVA Nouvelles

Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, qui est sous la menace d’une poursuite en diffamation de la part de Sylvie Lalande, a annoncé jeudi qu’il avait l’intention de se défendre devant les tribunaux.

Faute d’avoir obtenu les excuses réclamées la semaine dernière dans une mise en demeure, Mme Lalande a annoncé mercredi qu’elle poursuivrait le ministre de l’Économie en diffamation. 

À son arrivée au caucus caquiste, M. Fitzgibbon a indiqué qu'il n’est toujours pas question de s’excuser.  

D’avis que son questionnement sur l’apparence de conflit d’intérêts dans le cas de Mme Lalande était légitime, M. Fitzgibbon écarte d’ores et déjà la possibilité d’une entente hors cour.  

«Le fait qu’elle siège sur le conseil de Québecor et sur le conseil du fonds Desjardins, c’était une question légitime, a-t-il répété. Je suis désolé qu’elle ait senti qu’il y ait eu atteinte à sa réputation.»

Éclaboussée par les apparences de conflit d'intérêts soulevées par M. Fitzgibbon, la présidente du conseil de Groupe TVA et vice-présidente du conseil de Québecor, Sylvie Lalande, a finalement démissionné de la présidence de Capital régional et coopératif Desjardins (CRCD). Chantal Bélanger, qui occupait le poste de vice-présidente du conseil d’administration, a annoncé qu’elle quittait elle aussi pour les mêmes raisons.

Mme Lalande a justifié son départ en expliquant que la «menace à peine voilée» lancée par le premier ministre François Legault de «réexaminer» les avantages fiscaux dont bénéficie CRCD l’avait mise dans une position «inconfortable».  

«M. Legault a tout simplement dit qu’on les revisite de temps en temps», a nuancé M. Fitzgibbon, jeudi matin. 

«Je peux vous confirmer aujourd’hui qu’il n’y aura pas de retaliation [NDLR : vengeance], a-t-il continué. Peu importe la décision que Desjardins va prendre, d’investir ou non [dans GCM], (cela) n’aura aucune influence sur comment on regarde les crédits d’impôts.» 

Les oppositions réagissent  

Lors de la période des questions, le chef de l’opposition officielle, Pierre Arcand, a reproché au premier ministre d’avoir menacé de revoir les crédits d’impôts consentis à CRCD.  

«C'est une chose de faire des menaces auprès de Desjardins, mais qu'est-ce qu'on fait si ça ne fonctionne pas», a soulevé M. Arcand.  

«Hier, une femme intègre, respectée dans le milieu et que je connais bien, Mme Sylvie Lalande, a dû démissionner de son poste suite aux accusations cavalières du ministre de l'Économie», a regretté le chef libéral par intérim.  

Invité à réagir, le chef parlementaire péquiste Pascal Bérubé a indiqué que la poursuite en diffamation que Mme Lalande veut intenter lui apparait tout sauf «frivole». 

«Ce que M. Fitzgibbon a fait, c'est plus qu'une opinion. Il a porté un jugement qui porte atteinte à l'intégrité de Mme Lalande. Il ne l'a pas fait au Salon bleu, il ne l'a pas fait au Salon rouge ni en commission parlementaire. Donc, il s'exposait à une réplique», a dit M. Bérubé.

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