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Le projet de loi ne remboursera pas 1,5 G$

Charles Lecavalier | Journal de Québec

Simon Clark/Agence QMI

Le gouvernement Legault ne remboursera pas 1,5 milliard de dollars en trop-perçus avec son projet de loi sur les tarifs d’électricité qui sera adopté sous bâillon samedi, malgré ce qui avait été promis en juin. 

«Ce que j’ai dit, c’est que ça redonne 500 M$», a lancé François Legault jeudi. 

Ce n’est pourtant pas ce que son gouvernement claironnait en juin, lors de la présentation de la pièce législative. «Les mesures que nous mettons en place dès janvier 2020 permettront de retourner près de 1,5 milliard de dollars sur cinq ans aux clients d’Hydro-Québec, sous forme de remise et d’économies», affirmait alors le ministre de l’Énergie Jonatan Julien. 

Promesse rompue? 

Ce chiffre ne circule plus. M. Legault se défend d’avoir rompu une promesse. «Le 1,5 milliard de dollars va être retourné, et déjà en grande partie retourné en diminuant la taxe scolaire, en augmentant les allocations familiales et en baissant le tarif des garderies. C’est la promesse qu’on respecte», a-t-il dit. La pièce législative a pourtant été présentée pour calmer la grogne des Québécois, qui estimaient que François Legault devait rembourser les trop-perçus après avoir dénoncé la pratique lorsqu’il était dans l’opposition. 

M. Legault veut adopter urgemment la loi sur les tarifs d’électricité, qui prévoit un gel de tarif pour l’année 2020 et une remise des comptes d’écart de 500 M$ aux clients résidentiels, commerciaux et industriels sur la première facture de l’année. 

Or il suspend également le travail de la régie de l’énergie et fixera la hausse des tarifs à l’inflation. Cette façon de faire a été critiquée par une forte majorité des groupes qui sont venus en commission parlementaire. 

560 M$ plus cher, selon les grandes entreprises 

Les grandes entreprises comme ArcelorMittal, Alcoa, Rio Tinto ou Lassonde, par exemple, calculent que le projet de loi caquiste coûtera aux consommateurs 560 M$ de plus sur cinq ans. «Les industriels savent compter», souligne Jocelyn B. Allard, président de ce lobby.  

Viviane de Tilly, de l’Union des consommateurs, a résumé la situation simplement: «La crainte, c’est que les tarifs payés au cours des cinq prochaines années soient plus élevés que ceux qu’il y aurait eu avec des audiences et un examen par la Régie.» 

La crainte, c’est que l’inflation sera plus élevée que les besoins d’Hydro-Québec. Historiquement, ce sont les décrets gouvernementaux d’achat d’énergie éolienne coûteuse qui ont fait augmenter les tarifs d’électricité, pas la mauvaise gestion d’Hydro-Québec. 

À l’Assemblée nationale, les trois partis d’opposition désapprouvent également le projet. Les travaux parlementaires font du surplace après 100 heures d’audition.   

De son côté, François Legault estime que «les libéraux ont répété 10 fois, 20 fois, 30 fois les mêmes arguments». Il veut donc mettre fin au «ridicule» avec le bâillon parlementaire. 

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