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Lignes Deux-Montagnes et Mascouche: détresse psychologique à prévoir

Guillaume Pelletier | 24 h

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

L'incertitude qui ronge les 18 000 utilisateurs des lignes de trains Mascouche et Deux-Montagnes à un mois de la fermeture du tunnel du mont Royal peut engendrer de la détresse psychologique chez certains, croit une experte.

L'arrêt du service de train direct entre Deux-Montagnes et la gare Centrale ainsi causera toute une réorganisation dans le quotidien de milliers de gens de la couronne nord de Montréal. D’autant plus que service sur la ligne Mascouche sera perturbé à cause des travaux pour la construction du Réseau express métropolitain (REM).

«Si les gens n'ont pas de bonne option de rechange [pour leurs déplacements], qu'ils ne sont pas clairement informés de sorte qu'ils sont incapables de trouver des solutions pour bien concilier leur vie familiale et professionnelle, on a une bonne potion pouvant générer de la détresse psychologique chez certains», explique la professeure titulaire en psychologie du travail à l’UQAM, Nathalie Houlfort.

Cette dernière estime que Mobilité Montréal doit adopter une posture de transparence avec ces usagers. «Si je connais mon temps de trajet, j'ai besoin de trouver des stratégies pour m'accommoder, mais là, [l’incertitude] empêche les gens de planifier et de trouver des stratégies», précise Mme Houlfort, lorsqu'interrogée sur la confusion découlant des mesures d'atténuation mises en place.

Les mesures d’atténuation qui nécessitent le transfert des usagers vers plusieurs modes de transports chaque jour peuvent être particulièrement problématiques, selon elle.

«Quand on prend le train, il n'y a qu'un seul retard potentiel à prévoir. Là, on augmente les possibilités qu'il y ait une panne de métro, un retard ici qui se cumule à un autre retard», ajoute-t-elle.

Système de santé

Déjà, le CISSS des Laurentides se prépare à faire face à une importante hausse des demandes d'aide psychosociale.

«Nous nous préparons à recevoir des demandes d’aide psychosociale dès l’arrêt de service du train de banlieue», confirme par courriel le CISSS des Laurentides.

À l'heure actuelle, le réseau de la santé est incapable d'estimer le nombre de demandes supplémentaires qu'il recevra. Des équipes seront présentes sur le quai de la gare de Deux-Montagnes en janvier afin de distribuer des dépliants pour informer les usagers de l’aide psychosociale disponible.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux indique n'avoir reçu pour le moment aucune demande du CISSS des Laurentides pour l'ajout de ressources additionnelles sur son territoire.

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