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Loi sur la laïcité: la juge en chef a offert ses services d’arbitre au cabinet des plaignants

Charles Lecavalier | Le Journal de Québec

Romolo Tavani - stock.adobe.com

La juge en chef qui entend la requête contre la loi sur la laïcité est visée par une nouvelle plainte, qui allègue qu’elle s’est placée «dans une inquiétante situation de conflit d’intérêts».   

La juge Nicole Duval Hesler a souligné qu’elle prendra bientôt sa retraite et qu’elle planifie «une troisième carrière», lors d’un échange avec l’avocate des plaignantes du cabinet IMK, à l’occasion des auditions du 26 novembre.   

«Peut-être aurez-vous besoin d’un arbitre ou quelque chose d’autre», a dit la magistrate en riant. «Vrai», a rétorqué l’avocate. «L’invitation est lancée à tous», a ajouté la juge.   

Pour Diane Guilbault, présidente de Pour les droits des femmes du Québec, la juge a «quasiment l’air d’être en conflit d’intérêts».   

«On est très très loin de la neutralité et de l’objectivité», a-t-elle déploré. Son organisme a donc porté plainte devant le Conseil canadien de la magistrature.   

En journée, le professeur de droit à l’Université Laval, Patrick Taillon, avait soulevé une «relation particulière entre la juge en chef Duval Hesler et le cabinet IMK».   

Dans une note biographique, le fondateur du cabinet Doug Mitchell se vante d’avoir pour «client» «la juge en chef du Québec».   

Dans un article de Global News, Me Mitchell «se fait porte-parole de sa cliente, la juge en chef», a noté M. Taillon.   

Situation «Vraiment malaisante»  

Mis au fait de la plainte par Le Journal, M. Taillon dit que la situation est «vraiment, vraiment, vraiment malaisante».«Que ce soit à la blague ou au premier degré, elle parle du fait que la retraite s’en vient et qu’elle veut avoir une relation de travail avec le cabinet», a-t-il souligné.   

Son collègue professeur de droit de l’Université Laval, Louis-Philippe Lampron, est plutôt d’avis «qu’on est dans la boutade et la blague». Il s’inquiète davantage des propos de la juge sur les «allergies visuelles», qui pourraient laisser croire qu’elle s’était déjà fait une tête avant d’avoir entendu les arguments du gouvernement.   

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C’est le supplice de la goutte pour la juge Duval Hesler. Dimanche, le professeur d’histoire Frédéric Bastien a révélé qu’il a porté plainte au Conseil de la magistrature en raison des propos de la juge, entre autres sur les défenseurs de la laïcité qui souffrent d’« allergies visuelles » aux signes religieux.   

Le chroniqueur Antoine Robitaille a ensuite révélé que la juge allait faire un discours devant une association de droit qui était partie prenante dans une cause contre la loi 21. La juge a finalement choisi de ne pas faire ce discours. Mardi, le premier ministre François Legault a souligné qu’il « comprenait » les Québécois qui sont « préoccupés » par les propos de la juge.