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«Non, je n’ai pas accouché. Mais...»

Marie-Lise Mormina et TVA Nouvelles

Une mère adoptive de Sherbrooke estime que les enfants adoptés bénéficieront d’un congé parental rallongé tel que le prévoit maintenant le projet de loi 51.

Après une volte-face, le gouvernement Legault a finalement promis d’offrir le même nombre de semaines de congé parental payé aux couples adoptants qu’aux parents biologiques, soit 55 semaines.

Pour Nathalie, il s’agit d’une décision tout à fait justifiable. Elle qui a adopté deux enfants issus de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) connait bien les défis auxquels les parents sont confrontés.

«Non, je n’ai pas accouché. Mais mon coco qui a été abandonné, ça va prendre plus que 30 semaines pour le rassurer», explique-t-elle en entrevue.

Le lien d'attachement entre l'enfant et le parent adoptif se fait plus tranquillement dans ces conditions. Elle donne en exemple son garçon qui souffre d’une peur de l’abandon. «Je dors avec lui presque toutes les nuits. Ça fait cinq ans et demi qu’il est ici. Mais dans sa tête, si je quitte sa chambre, je disparais», illustre la mère.

Dans son cas, un congé parental d'une trentaine de semaines n'a pas été suffisant. Elle a dû prendre plusieurs mois additionnels pour s'occuper de son enfant et créer un lien.

«Dans ce genre de projet, c’est sûr qu’on s’expose à des difficultés, avance Manon Marcotte, chef de service à la DPJ. Mais c’est un geste extraordinaire.»

Peu importe les défis, cette mère de Sherbrooke se réjouit de son expérience. À ses yeux, c'est aussi une manière de venir en aide à des enfants qui sont nés avec un peu moins de chance.

Tout un processus

Les défis sont nombreux lorsqu'une personne ou une famille se lancent dans l'adoption d'un enfant de la Directions de la protection de la jeunesse. Le processus peut durer plusieurs mois. De manière générale, il y a d'abord les séances d'information, les présélections et les évaluations. Puis, il y a l'accueil d'un enfant, ce qui se fait graduellement, selon le cheminent de ce dernier. Si tout se déroule bien, il y a la possibilité d'adoption. La famille demeure accompagnée par la DPJ, tout au long du processus.

Actuellement, en Estrie, une cinquantaine d'enfants en bas âge sont prêts à entamer un processus d'adoption. Environ une dizaine de familles ont traversé toutes les étapes requises pour adopter.

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