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Sauvée grâce à une chirurgie unique

Élise Jetté | Agence QMI

Élise Jetté | AGENCE QMI

Une femme atteinte d’un rare cancer a dû se faire retirer trois vertèbres et reconstruire la colonne vertébrale lors d’une chirurgie unique extrêmement risquée qui lui permet d’être en vie aujourd’hui.

Au lendemain d’une partie de golf, en mai 2017, Reine Petit a ressenti une intense douleur au thorax.

«C’était comme si je recevais un coup de poing sur la poitrine et que le poing voulait passer jusqu’aux omoplates», a-t-elle expliqué.

La femme de Varennes a d’abord cru à une crise d’arthrose. «Je n’aimais pas cette douleur. Elle m’inquiétait trop», a-t-elle dit.

Elle a donc choisi d’aller passer une numérisation dorsale, à la suggestion de son médecin, dans une clinique privée. Dans le système public, on lui prédisait une attente de plus de six mois avant d’y avoir accès.

«Je ne pense pas que je m’en serais sortie si j’avais attendu», a-t-elle souligné. Reine Petit, qui célèbrera ses 71 ans le 31 décembre, a enchaîné les rendez-vous avec différents spécialistes après que la première numérisation ait révélé une masse, qui «n’avait pas l’air grave, au début».

Mais le diagnostic est tombé, en juillet 2018: tumeur de Pancoast, un rare cancer qui représente environ 5 % des cancers du poumon.

Une opération de 9 heures

Pour rendre la tumeur opérable, Mme Petit a subi cinq semaines de chimiothérapie et de radiothérapie afin de réduire la masse. Puis, elle a dû attendre plusieurs semaines pour que toutes les traces de traitement disparaissent de son corps.

Les chirurgiens du CHUM Zhi Wang et Moishe Liberman ont combiné leurs expertises à celle du neurochirurgien Daniel Shedid durant les neuf heures de la délicate opération pratiquée en mai 2018. «Les médecins m’appellent la miraculée», a fièrement mentionné Mme Petit.

Dr Wang et Dr Liberman, respectivement orthopédiste spécialisé en chirurgie de la colonne et chirurgien thoracique au CHUM, sont les seuls au Québec à exécuter l’opération qui a permis de déloger et retirer en bloc la tumeur de l’apex pulmonaire dont elle souffrait.

Reine Petit est toujours impressionnée d’avoir recouvré la santé et surtout son autonomie, même si elle vit aujourd’hui avec une colonne vertébrale reconstruite à l'aide 23 vis. «Quand je vais à mes rendez-vous de suivi, les médecins me disent qu’ils sont fiers de moi, a-t-elle dit. Je leur réponds que je suis fière d’eux. Ils m’ont sauvé la vie.»