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Faire de la prison Winter un attrait touristique majeur

Jasmin Dumas | TVA Nouvelles

La Ville de Sherbrooke veut faire de la prison Winter un attrait touristique majeur. Les premiers visiteurs «libres» pourraient y avoir accès en 2021.

La prison Winter est un des trois plus vieux édifices de Sherbrooke. L’édifice a servi d’établissement carcéral de 1865 à 1990. Sa configuration et sa gestion étaient basées sur une approche punitive. Les 51 cellules sont très restreintes, froides et sombres.

Dans la cour arrière, encore entourée du mur de pierres d’origine, six personnes y ont été exécutées du temps que la peine de mort était en vigueur au Canada.

«Nous avons accès aux registres qui indiquent par exemple ce que mangeaient les détenus, ce qu’ils faisaient, quelles étaient leur condition. Et c’est ce que nous voulons raconter aux gens», prévoit le directeur de la Société d’histoire de Sherbrooke, David Lacoste.

Avant de pouvoir ouvrir le bâtiment à la population, l’édifice doit être mis aux normes et pour cela, des travaux sont nécessaires.

«Nous à la Société de sauvegarde de la vieille prison de Sherbrooke, mentionne le président Martin Barrette, notre objectif est de conserver l’architecture du bâtiment et d’offrir son histoire aux citoyens. Le projet actuel répond à ces deux aspects.»

La Société d’histoire de Sherbrooke planche depuis longtemps sur ce projet. Après avoir essuyé plusieurs revers, voilà que cette fois, la Ville de Sherbrooke accepte d’y investir 750 000$. Mais pour que le projet aboutisse, il reste encore un somme de 2,25 M$ à dénicher.

«On pense que l’appui de la Ville va nous donner un élan pour convaincre d’autres partenaires de nous appuyer, comme les gouvernements supérieurs», mentionne M. Lacoste.

En plus des visites, David Lacoste pense déjà à organiser des activités thématiques: «Des jeux d’évasion, il en existe déjà, mais dans une prison, ce serait unique. Ultimement, dans une prochaine phase, on pourrait aussi offrir des nuitées à la prison.»

Pour la première année d’opération, la Société d’histoire de Sherbrooke prévoit accueillir 23 000 visiteurs. «On a déjà des demandes, des gens de plusieurs endroits du Québec et même des États-Unis qui veulent venir visiter», mentionne David Lacoste.