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Poursuite de 6 M$: un homme incarcéré à tort pendant huit mois pour violence conjugale

Nicolas Saillant | Journal de Québec

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Paul - stock.adobe.com

Un homme faussement accusé de violence conjugale qui a fait plus de huit mois de détention avant d’être blanchi réclame maintenant 6 M$ à l’État québécois et à la Ville de Lévis.

En juin 2015, Mamadou Ndiaye Barry est arrêté par la police de Lévis après que sa conjointe de l’époque a appelé les autorités, affirmant avoir été menacée de mort et avoir été victime de violence de la part de ce dernier. L’homme est formellement accusé de voies de fait et menace de mort pour deux événements distincts, puis remis en liberté.

Un interdit de contact est prononcé par le juge le temps des procédures, mais la plaignante, enceinte de l’accusé, continue de communiquer avec lui régulièrement. M. Barry y va même d’un non-respect des conditions lorsqu’il amène la plaignante à l’hôpital pour un rendez-vous médical.

Huit mois de prison

Au lendemain de ce contact, M. Barry a été de nouveau arrêté à la suite d’une nouvelle dénonciation de la plaignante. Pour non-respect des conditions, l’accusé est alors incarcéré jusqu’à la fin des procédures, huit mois plus tard.

Dans sa demande introductive d’instance contre le Procureur général du Québec, M. Barry affirme que le DPCP «n’a même pas vérifié la crédibilité de la supposée victime, pourtant accusée au moment des faits». Il s’avère que cette dernière faisait aussi face à un interdit de contact avec le demandeur pour des événements survenus en février 2015. Ce dossier s’est soldé par un mandat de paix.

Mamadou Ndiaye Barry indique également que le DPCP a «usé de stratégies pour retenir le demandeur en prison» pendant qu’il n’avait «aucune preuve justifiant» les accusations.

Enquête bâclée

La poursuite fait état de plusieurs incongruités présentées lors du procès qui auraient dû être relevées pendant l’enquête. La plaignante affirmait avoir été battue pendant plusieurs minutes, recevant plusieurs coups au visage avant d’appeler la police, mais aucune marque de violence n’a été mise en preuve.

Lors de cette attaque, la plaignante disait sortir tout juste de la douche, les cheveux mouillés et une serviette au corps au moment de se sauver de chez elle. «Comme par magie» lorsque les policiers se sont présentés, elle était «habillée chic, bien coiffée», est-il écrit dans le document.

La poursuite utilise cet exemple pour dire que le travail de la police de Lévis était «bâclé» et «manquait de rigueur». L’accusé a finalement été acquitté et libéré en décembre 2017. Malgré cet acquittement, M. Barry vit toujours avec les conséquences de cette accusation. «Je n’ai jamais vu mon enfant», a dit ce dernier en entrevue au Journal alors qu’il est présentement en démarche judiciaire.

M. Barry demande 6 M$ pour le préjudice grave à sa vie. Rappelons que le Procureur général est présentement poursuivi par Yves «Colosse» Plamondon pour 10 M$ pour avoir été incarcéré injustement pendant 28 ans.